Les lucioles..., j’ai honte pour vous.

Dernièrement, dans un restaurant parisien, nous avons croisé Jean-Luc Petitrenaud en plein travail. Parait que ce monsieur ne dit jamais de mal des restaurants qu’il visite ! Je comprends ça, vu la façon dont on le bichonne, il serait mal venu de sa part d’en dire du mal. Comme j’aime bien blaguer, je demandai au garçon si lors d’une prochaine visite, nous pourrions, nous aussi, être accueillis comme le monsieur d’en face ? Le serveur qui en avait vu d’autres, s’est empressé de me demander si nous avions été mal reçus ? Elle était facile celle-là.

Finalement, en y réfléchissant, je suis un peu comme Jean-Luc Petitrenaud, mais dans un autre domaine. Je n’aime pas dire du mal des livres que je lis.

Je sais le travail que représente la rédaction d’un manuscrit, et la galère pour se faire éditer. Qui suis-je pour dire du mal ? Dans ces cas-là, je me dis : Peut-être n’ai-je rien compris, dans le doute, je préfère me taire. Ainsi, mes commentaires sur Amazon, et ailleurs, ne sont-ils que positifs.

Mais cette fois, avec ce livre « Les lucioles », j’ai du mal à garder le silence.

Un livre pour le Refuge, dites-vous ! Vous êtes certains que ce livre servira les intérêts des mômes de l’association ? J’en doute un peu.

Je m’étais promis de l’acheter, c’est fait, mais quelle déception !

« Concours de nouvelles : un livre au bénéfice du Refuge ! », annonciez-vous, en juin 2013. Lorsque je lis les nouvelles de Maupassant, j’y prends un peu plus de plaisir.

Concours de nouvelles ? Je n’y vois que publicité entre amis, chacun étant venu vendre sa soupe. Ça me fait l’impression de jeunes collégiens voulant épater les copains à la rentrée, en faisant le récit de toutes les conneries faites pendant l’été.

- Moi, je me suis drogué.

- C’est tout ? Moi, je me suis drogué, enivré et prostitué !

C’est cette image que vous voulez donner des jeunes du Refuge ?

Où sont les textes que les jeunes ont écrits lors de vos « ateliers d’écriture » ? Le seul moment où vous leur donnez la parole, c’est pour leur demander de décrire leur visage. Vous les avez pris au dépourvu, vous ne les avez pas aidés, le résultat est catastrophique.

Dans votre préface, à part parler de vous, vous n’avez rien à dire. Alors vous meublez sur deux pages en nous décrivant votre rencontre avec Damien. Mais de lui, que publiez-vous ? Dix lignes à la fin du livre, c’est tout !

Vous pensez vraiment que ce livre va aider les jeunes et l’association ?

L’idée était géniale, le projet excellent, vous l’avez dénaturé. J’imagine la déception des jeunes du Refuge quand ils liront ce livre, en réalisant qu’on s’est servi d’eux. Après ce qu’ils ont déjà vécu, c’est le bouquet final !

J’ai honte pour vous.

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