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Dernier commentaire à propos du livre « Cet autre qui grandissait en moi – Ma vie d’avant. » :

Je t'aime, moi non plus... 28 août 2014

Par Pierre-Lionel Cayla

Format : Format Kindle

« Ma vie d’avant » ? Tendre et amère à la fois, sucrée, salée et acide encore, tel que l’est le jeu fluctuant des cœurs et des âmes. C’est de l’amour sans nom sur l’étiquette, mais avec de vrais morceaux d’amour dedans… C’est de l’aventure et de la mésaventure où point n’est besoin de faire dans la démonstration crue pour saisir que des êtres s’aiment, rient et souffrent. De la vie en somme, même si ce genre de vie-là fait braire les ânes qui préfèrent croire que tout est linéairement « hétéro-biblique » sur la terre des Hommes.

Kévin aime Jérémy qui aime Kévin. Mais si Kévin ne cesse de vouloir faire sentir à Jérémy ce qu’il éprouve pour lui, Jérémy ne veut pas l’entendre, parce que ça l’obligerait à se prononcer sur ses propres désirs, sur un amour dont la pensée même qu’il puisse le ressentir, l’épouvante : la vie des cœurs palpitants et des esprits réticents, oui, toute cette envie et cette peur mêlées. Et même si cela peut sembler du roman à l’eau de rose pour d’aucuns, il est beaucoup d’eau de fiel aussi dans cette affaire. Car, au fond, c’est bien ainsi que tout se passe toujours : le désir et la peur, la peur de dire, la peur d’entendre, et pourtant le désir de dire et le désir d’entendre, en même temps.

Alexis Hayden et José-René Mora nous entraînent avec délicatesse sur la route douce et cruelle, jalonnée d’émotions intenses, qu’empruntent deux adolescents hésitant entre l’acceptation de ce qu’ils sentent en eux et son déni : moi, Kévin, ai-je le droit d’aimer l’autre puisqu’il appartient au même genre que le mien ? Puis-je le lui dire ? Et si je le lui dis, voudra-t-il me répondre comme je le rêve ou me rejettera-t-il comme je le crains ? Et moi, Jérémy, ai-je le droit d’aimer l’autre qui est de mon genre quand tout et tous, autour de moi, me l’interdisent ?

Le doute, toujours, la peur, toujours. Et la haine, l’exclusion, la bête brutalité qui l’emportent, comme trop souvent, parce que la société des Hommes est tant de fois refus de ce qui n’est pas normé, tant de fois méchanceté et violence, guerre à la vie qui palpite, guerre aux corps à corps, guerre à l’amour même lorsqu’ils sortent des sentiers balisés, guerre imbécile qui laisse tant de ruines sur son champ.

Un beau, tendre et cruel roman, prémices du non moins beau, tendre et cruel « Si tu avais été… ».

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