Nous sommes profondément soupçonneux, intolérants, protectionnistes et bagarreurs. Rien que ça ! Tout notre corps est conçu sur la base – j’allais dire de ces valeurs – de cette médiocrité qui semble hélas nécessaire à la survie.

Notre organisme est un mélange de forteresse ultra protégée et de ville sous auto-surveillance où tout le monde soupçonne tout le monde et où la délation est devenue du civisme.  Les globules blancs, genre de police municipale, patrouillent en rangs par six. Et il ne faut pas rire avec les globules – ben oui, c’est bien ce que je disais – car nos chères globules, comme certains humains en uniforme, ont parfois du mal à faire la différence entre une brave et inoffensive bactérie en vacances et un dangereux virus de terroriste.  

Si cette pauvre bactérie a l’excentricité d’être légèrement différente de la majorité des autres, elle est vite cataloguée. Le système d’auto-défense contre tout élément suspect est immédiatement activé et c’est la guerre... Branle-bas de combat dans l’état major. Les leucocytes phagocytaires capturent et digèrent les intrus. En termes claires c’est : arrestation, passage à tabac et extermination sur place.   

Mais parfois, faute de combattants notre corps, comme Don Quichotte ou certains militaires en manque d’exercice, va se créer des ennemis imaginaires, ça s’appelle de l’allergie. Genre de paranoïa aigüe qui le pousse à croire que tout le monde lui en veut, surtout les choses qui l’entourent et qu’il côtoie depuis toujours : poil de chat, poussière de maison, graminée, pollen en tout genre, moulin à vent etc. Tout ce qui ne lui ressemble pas ! Alors il lutte contre rien, contre le vent, il s’épuise. Cette mobilisation générale va déclencher toute sorte de symptômes : éternuements, nez qui coule, gorge irritée, invasion de boutons… la totale !

Bref, nous sommes mal barrés…        

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