Manon, tu scrutes mes rêves moi je vais inspecter tes fenêtres. Rassure-toi je ne vais pas te surveiller avec les jumelles d’Augustin. Je vais juste parler des belles fenêtres que tu photographies.

L’essentiel étant invisible pour les yeux, comme le disait le renard de Tonio, nous tentons désespérément d’imaginer ce qui ne ce voit pas, d’en percer les secrets. Nous voulons tout savoir. Savoir ce qu’il y a dans le cœur et la tête de ceux que nous aimons, en être certain.

Les yeux dans les yeux, qui regarde l’autre ? Penses-tu à autre chose ou me dévisages-tu vraiment ? Et moi qu’est-ce que j’y vois ? Qui y a-t-il derrière l’iris de tes yeux ? Envie d’y pénétrer par cette pupille dilatée et de tout inspecter. On ne voit jamais que la façade, discerner tes pensées, tes réactions c’est plus difficile. Je me contenterai des apparences, de tes yeux légèrement plissés et de ce pale sourire sur tes lèvres.

Les fenêtres et les portes de Manon, aussi belles soient-elles, m’intriguent autant que tes yeux.

Qui y a-t-il derrière ?  De la joie ou du chagrin ? Les plus mystérieuses sont celles qui m’interpellent. Dans la journée nous passons parfois sans les voir mais à la tombée de la nuit, quand elles s’allument, elles nous font des clins d’œil. La lumière nous laisse imaginer la vie qui s’y cache.

Petites ou magistrales, transparentes ou obscures, ouvertes ou engrillagées, elles reflètent toutes les personnalités et tous les symboles, de l’emprisonnement à la liberté.          

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