Avant de remettre mon masque, je voulais vous dire que je fais souvent comme Virginie en allant voir les mots clef dans « Provenance des visiteurs. » Ce n’est pas toujours drôle mais parfois ça vaut le détour.

-           Tête de croque mort. (C’est bon, on ne va pas en faire un poème !)

-           Restaurant le Bingo La Jonquera. (Je veux bien y retourner c’était super sympa pour plein de raisons.)

-           Culotte main déshabiller institutrice. (Je ne sais pas comment il est arrivé là celui-là mais je promets que je n’en ai jamais eu l’intention !)

-           Je ne veux pas y aller. (T’as bien raison.)

-           Je ne veux pas aller à son mariage. (Celui-là Charlotte, il revient régulièrement. C’était toi !)

-           Humour vieux monsieur. (Oh les boules !)

-           Fokker 27. (ça revient aussi souvent que le mariage. J’ai compris c’est Alex ! Ne pas oublier de ne pas le supprimer.)

-           Tagué les clodos ! (Faut pas le faire.)

-           Histoire de Paule et Virginie. (Merde alors, on n’a pas dû lire le même bouquin !)

 

Bas les masques. (2) 

 

Je n’avais pas prévu de suite, c’est Cécile qui m’y pousse. (Oh le cafteur !) « Nous pénétrons dans l’ère du masque. Internet y est pour beaucoup. » disait-elle hier.

Je doute que nous pénétrions dans l’ère du masque. Je crois que nous ne l’avons jamais quittée. Ceux qui prétendent le contraire ont intérêt à faire un large trou dans le leur au niveau du nez afin de le laisser s’allonger en toute liberté.

Comment être pris au sérieux sans porter de masque ?

Il fait beau, vous êtes d’humeur joyeuse, je vous déconseille de prendre le métro en souriant à tout le monde, il y aurait outrage. Mettez plutôt votre masque 35 bis. Vous savez celui du pitbull prêt à niaquer tout le monde. Le problème c’est qu’à trop le porter celui-là, on finit par nous dire :

-           C’est drôle quand on ne te connaît pas tu ne fais pas sympa.

Non, ce n’est pas drôle du tout. Car enfin, il faudrait savoir, depuis que nous sommes tout petits on nous éduque avec des instincts de tueur, en nous faisant croire que ceux d’en face sont des ennemies redoutables qu’il faut battre ou abattre. Au foot, à l’école, au boulot… Faudrait savoir, il faut les tuer ou pas ? S’il faut, ça ne se fera pas la fleur aux dents.

Pourtant parfois, avoir l’air gentil peut sauver la vie. Il y a quelques années, le fils d’un ami (16-17 ans) attendait assis sur un banc l’ouverture de son lycée. Un individu bizarre vint s’asseoir à côté de lui et commença à pleurer. Gentiment le môme s’inquiéta de le voir pleurer. Alors le mec tout en continuant de pleurer lui expliqua :

-           J’ai un couteau sur moi, j’étais venu pour te tuer mais tu es trop gentil je ne pourrais pas !

Ce jour-là s’il avait eu son masque 35 bis il serait peut-être mort de 35 coups de couteaux ! Incroyable non ? Moi à sa place, avec ma tête de pitbull, je n’avais aucune chance !

 

Jade hier écrivait autre chose :

« Moi, je préfère prendre ! Alors que dans la vie en général, je préfère indubitablement donner. Etrange, non ? Je devrais avoir un peu honte de dire tout ça, mais même pas ! »

Encore une éducation qu’on nous a donné : avoir honte de dire ou d’écrire ce qu’on ressent ! Pourquoi en avoir honte puis qu’on le ressent. Alors on peut remettre le masque de l’indifférence mais nous ne le sommes pas. Je parle comme un livre mais je suis comme tout le monde. Non, pas comme tout le monde puisque certains comme Charlotte, Angel, Alex, Lew et bien d’autres ont définitivement jeté ce masque. Je dis souvent que je ne suis pas dans le placard mais dans le placard qui est derrière le placard et c’est très confortable, même si ça ne va pas durer. Quand j’ai commencé à écrire ce livre au bout d’un mois j’ai tout rangé et tout arrêté pour les mêmes raisons : j’étais mal en voyant ce que j’écrivais ! Va comprendre. J’ai hésité, puis je me suis dit : je l’écris mais je ne le publierai pas ! Ben voyons. Quoique dans un sens, j’avais un peu raison puisqu’il ne l’est toujours pas.   

 

Alors il faudrait savoir, il faut le mettre ou pas ce masque ? C’est selon. Ainsi ces deux jeunes hommes qui décident de se promener dans une grande ville, main dans la main comme le dit Angel : « Je me revois, marchant dans la rue du port, main dans la main avec mon homme. » ne vont pas susciter que de l’admiration mais aux vues de certains pitbulls, de la haine et du mépris. Ils ont décidé de jeter le masque, je ne sais pas s’ils ont raison et s’ils pourront toujours le faire sans risque. Quand je vois toutes les agressions homophobes sur internet je me dis que les masques ont encore un bel avenir devant eux. 

 

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