C’est traitre un regard. Certains sont éloquents d’autres faussement révélateurs. Si avec un minimum d’effort nous pouvons contrôler nos paroles, les regards nous échappent. Nous nous surprenons encore et encore à croiser cet autre regard que nous voulions éviter, que nous voulions fuir. C’est innocent et pas désagréable. Dix fois, vingt fois, les yeux dans les yeux, nous nous surprenons à dire : « C’est bon, il faut que j’arrête de le regarder comme ça. » Car nous ne devons pas nous regarder pour les mêmes raisons. Navez-vous jamais surpris ce genre de regards ? Quand soudain un troisième remarque le manège et vient s’immiscer dans cette intimité. Il dérange cet intrus, nous étions si bien.

Alors chacun va de son point de vue. Pour l’un ce sera un regard de voyeur, pour l’autre celui d’un admirateur.

La Joconde je m’en fous un peu, je ne l’ai même pas pris en photo mais toi j’aurais bien aimé. J’aurais dû pendant que tu la photographiais, tu n’aurais rien remarqué.

Hier j’étais désolé de n’avoir rien écrit, six lignes seulement en haut d’une feuille. Je me rattrape aujourd’hui en revisitant cette journée.

J’aimerais pouvoir prendre des notes à chaque fois qu’une image m’interpelle ou qu’un mot, qu’une phrase me séduisent. Mais je passerai pour ce que je ne suis pas : le mec qui se la joue et qui se prend pour qui ? Un écrivain ! N’importe quoi ! Je voudrais juste passer pour ce que je suis : un rêveur, qui n’est jamais là. Qui est trop souvent avec ceux qui n’y sont pas.  

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