Jade a encore raison, je le sais, je devrais sortir plus souvent, Internet nous condamne à l’isolement. Double isolement puisqu’en ce moment la plupart des blogs sont désertés. Abandon de poste carrément, pfff !... Douce circulation dans Paris, sauf sur les lieux touristiques où il y a du monde et du beau monde…

La dernière fois que j’avais pris rendez-vous avec Mona Lisa c’était en Novembre 2007 – pendant les grèves, et oui, on ne choisit pas la période de vacances de ses amis canadiens – comme ils font tous une fixation sur la Joconde… Carrefour incontournable, je ne sais pas ce que ce tableau représente pour eux mais c’est important. Tu avais moins d’admirateurs en Novembre ma belle, en août c’est de la folie, trop de prétendants, tu en deviens inabordable.

Jade va me tuer : moi je trouve que je la vois mieux quand je fais une recherche sur Google. J’ai l’écran sous les yeux, je peux même la toucher si je veux ! Je peux zoomer et détailler cet ironique sourire. « T’arrête de me regarder comme ça, toi aussi ! »

En fait je pense être plus séduit par l’histoire de ce tableau que par le tableau lui-même. Napoléon l’avait accroché dans sa chambre en face de son lit, il en était admiratif au point d’en rendre Joséphine jalouse. Plus tard un vitrier du Louvre subtilisa notre Mona Lisa nationale et la cacha pendant deux ans dans une valise sous son lit ! Même pas dedans, sous son lit, encore un macho. Séquestrer une si belle femme sous son lit… il faut le faire ! Je ne connaissais pas cette histoire qui ne fait que confirmer mes craintes. Car enfin, que c’est-il passé pendant ces trois années ? Trois ans c’est plus qu’il n’en faut pour en faire une copie, non ? Quand on la retrouve ose-t-on dire que c’est une fausse ? Comme cette femme qui avoua avoir retrouvé son fils kidnappé, quand ce n’était pas lui.

Mais non Jade, je plaisante. C’est la vraie, la fausse est toujours sous le lit d’un collectionneur. Oh, la truffe ! Il s’est fait avoir ! Rassure-toi Jade, je me suis bien gardé de faire part de mes doutes aux canadiennes, elles auraient été trop déçues.

Elles voulaient tout savoir, sur un plan de Paris j’ai dû cocher tous les lieux que nous avions visités, entourer le nom des rues. Leur montrer sur la carte où était morte la princesse Diana. Je ne m’attendais pas à ce genre de question, sinon j’aurais révisé. Louis XVI je savais mais elles ne me l’ont pas demandé, dégouté ! Je ne connaissais pas l’endroit précis, je leur ai situé l’accident vers le pont de l’Alma. Elles n’auraient pas supporté et je pense, pas compris, que je ne le sache pas.

En final, puisqu’elles voulaient tout savoir, avec mon humour pourri et mon air moqueur, je leur ai montré une rue au hasard en disant :

-           Et là, c’est où habite mon cousin !

-           Ah bon ! Tu as un cousin à Paris ?

-           Non, je plaisante.

Elles sont polies, elles ont ri. Nous pouvons passer des heures à tenter de convaincre d’une vérité absolue ; personne ne nous croit. Mais la plus grosse des conneries, tout le monde la gobe aussitôt. L’énergie qu’il faut alors dépenser pour leur expliquer qu’il ne s’agissait que d’une mauvaise blague. Et soudain, j’ai cru deviner à leurs regards qu’elles commençaient à me prendre pour un taré. Alors que pas du tout… comme quoi !

Une seule parlais français, aussi à chaque fois qu’elle éclatait de rire – j’avais la pêche ce jour-là – les deux autres s’empressait de lui demander :

-           Qu’est-ce qu’il a dit ?

Rien, des conneries comme d’hab.

J’aime bien faire visiter Paris. En 2007, du haut de la Tout Eiffel, en regardant Paris, je m’étais dit : « Il y a peut-être un mec, quelque part qui est en train de lire mon manuscrit ! » Il y en avait un mais il était loin d’être sous mes pieds, c’est trop bizarre la vie.   

    

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