J’ai lu beaucoup de pièces de théâtre, j’ai toujours aimé ça. Est-ce pour cette raison? Lorsque je me suis mis à écrire, je l’ai fait inconsciemment à la façon d’une pièce ou plutôt à ma façon car c’était plus facile. C'est-à-dire qu’au lieu d’écrire comme dans tout roman conventionnel :


- Qu'est-ce que t'as compris? demanda Kévin.
- Tu me laisse parler?
- Vas-y, je t'écoute... Tu n'oses pas le dire? ajouta-t-il en me voyant hésiter.

J’écrivis d’abord le prénom des personnages suivi de la réplique, genre :

 

Kévin - Qu’est-ce que t’as compris ?

Bryan - Tu me laisses parler ?

Kévin - Vas-y, je t’écoute… Tu n’oses pas le dire ?

 

On m’expliqua que ça ne se faisait pas. J’ai donc modifié tout le texte, réplique après réplique. 460 pages quand même !

Quelle ne fut pas ma surprise, vendredi matin, lorsque je reçu : « Une maison de poupée. » Format livre de poche. Je n’ai jamais aimé les livres de poche, mais celui-là a plusieurs atouts pour me plaire. D’abord le prix : 3,32 euros, commandé mercredi après-midi, livré vendredi matin ! Comment font-ils pour fabriquer des bouquins de 155 pages et nous les livrer pour 3,32 euros ? C’est le prix de l’envoie ! Enfin bref, le prix je le connaissais déjà, je doutais un peu plus du délai de livraison. Dans les temps. Ma première surprise lorsque je l’ouvris fut l’odeur : il sent bon ! Enfin… il sent quelque chose. Dans ce monde aseptisé les bouquins n’ont plus d’odeur. Celui-ci me rappelle – je ne sais pour quel raison – l’encre des archives de certaines vieilles mairies, si ! On découvrira peut-être dans quelques temps que l’encre est chinoise – ben si ça existe : l’encre de chine ! – et que les substances qui s’en dégagent s’attaquent violemment aux muqueuses nasales ! Mais bon…

Son atout suprême, qui n’en est pas un d’ailleurs, c’est qu’il possède la même mise en page que la mienne à l’origine ! Etonnant non ? Mais en moins sophistiqué et moins lisible, bref : un brouillon. Voyez plutôt :

 

MADAME LINDE. Il faut bien vivre, docteur.

RANK. C’est en effet une idée très répandue. On trouve généralement que c’est absolument nécessaire.

NORA. Mais voyons docteur Rank… vous aussi, vous tenez beaucoup à la vie.

C’est assez confus, j’avais eu la délicatesse de mettre un grand tiret entre le nom et la tirade. J’ai donc sauté sur Marius de Pagnol pour comparer. Il est vrai que la mise en page est plus clair, plus aéré, plus lisible. Voyez plutôt :

 

M. BRUN

Eh non ! Je n’ai pas vu Landolfi.

 

PANISSE

Et vous alliez vous promener tous les soirs ?

 

M. BRUN

Tous les soirs.

 

CESAR

Alors il est mort.

 

J’aime bien l’odeur d’ « Une maison de poupée. » mais je préfère la mise en page de Marius.

En final, celui qui m’a conseillé avait raison : ma mise en page était pourrie mais je constate que des auteurs connus, comme Ibsen, avaient déjà eu la même idée !

Bon maintenant, j’espère qu’Over-Blog va conserver la mise en page de cet article, sinon… galère.

  

          

Retour à l'accueil