Quelle fâcheuse tendance que de se croire normal ou du moins de le vouloir. Partant de là, nous évaluons et jugeons les autres en les classant parmi les normaux, les anormaux, les déviants ou les pervers, etc. Seulement, rien n’étant simple chez les humains, pas facile de les classer par catégories vu qu’il existe peut-être autant de catégories que d’individus. Vouloir se ranger dans une catégorie c’est probablement sécurisant mais c’est peut-être aussi s’isoler des autres et ne plus les comprendre.

Ainsi dans le domaine de la sexualité il serait facile de « ranger » les humains en deux grands groupes : d’un côté les hétéros, les purs, les durs, les vrais et de l’autre les homos. Mais il existe entre les deux et même au-delàs tous les cas de figure, qui ont peu de chance d’être reconnus, ni par les uns ni par les autres. Un mec – ou une fille bien sûr – qui est hétéro et n’est jamais tombé amoureux d’un copain - ou d'une copine - ne comprendra jamais que cela puisse arriver. De même qu’un homo émettra des doutes en soupçonnant ce soi-disant bi d’être en fait un homo contrarié qui n’a jamais voulu s’assumer.

Ce préambule étant écrit, sans doute pour me préserver des foudres de chacun, je vais tenter de continuer.   

Etant donné que nous ne recevons aucune éducation objective dans ce domaine, quand la vie nous tombe dessus, nous gérons instinctivement au mieux avec à l’esprit ce besoin d’attachement, de reconnaissance ou d’intégration à l’un quelconque des groupes, normalité oblige. J’en vois déjà faire des bonds mais c’est pourtant la réalité pour beaucoup.

Je suis tombé amoureux dans ma vie d’autant de mecs que de filles, et je les ai toutes et tous aimés avec la même passion. Tout en sachant dès l’âge de cinq ans qu’aimer passionnément un copain ce n’était pas cool et qu’il valait mieux ne pas le dire. Comment pouvais-je savoir cela à cinq ans ? Je me le demande encore mais je le savais, je m’en souviens très bien. Ensuite je m’y suis habitué, dans la mesure du possible, car il n’est jamais facile de faire semblant d’être indifférent quand on ne l’est pas.

Je croyais pouvoir te répondre en une seule fois Jade mais je crains que ce ne soit pas possible.  

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