Livre - bis-copie-1 

 

Faut-il choisir entre terreur et regrets?

 

 

Qui faut-il écouter ? Mon cœur, mon corps ou mon esprit ? Pas un n’est d’accord avec les autres. Quand je te croise, mon cœur s’emballe. Quand tu me manques, mon corps va mal. Quand je t’aime, mon esprit dit : « C’est mal ! »

Il est une heure du matin et je n’ai pas sommeil. Nous n’avons pas rendez-vous mais pourtant je sais que dans huit heures, nous serons ensemble, même si ce n’est pas l’un avec l’autre… Je voudrais m’endormir vite et me réveiller soudainement près de toi. Mais hélas, il n’en sera pas ainsi puisque le sommeil me fuit. Cette nuit encore sera longue à devenir demain. J’aurais tout mon temps pour réfléchir et imaginer ce que je n’aurai jamais le courage de te révéler. Si tu es pareil, nous ne nous dirons jamais bonjour. Nous nous contenterons de quelques regards… De ces images volées qui me font rêver sur tes intentions, ton caractère et ta personnalité. Elles me disent, ce que j’ai envie d’entendre et font de toi l’être le plus désiré mais aussi, le plus inaccessible. Dans huit heures, je te verrai. C’est plus qu’une certitude, c’est une promesse, un enchantement… Même si je dors, je me réveillerai encore plus amoureux. Je le sais et je m’y attends, j’y suis prêt. Tu seras encore plus pur, plus beau, plus lointain ! J’en ai mal au ventre à l’idée de te parler. Encore faudrait-il avoir quelque chose d’intelligent à te dire… Je m’en sais incapable. Mon amour me rend stupide et idiot. Comme chaque jour, je resterai silencieux. Si je me risquais à te parler, les rares mots que j’arriverais à prononcer seraient d’une navrante médiocrité. Mes sourires ressembleraient à d’affreuses grimaces et toute ma bonne volonté à un torpillage. Tu me regarderais, consterné, dégoûté, persuadé d’avoir affaire au simplet du village que je suis.

 

Comment pourrai-je te remettre cette lettre ? J’en meurs d’envie mais j’ai peur de t’approcher, peur de m’y brûler, de t’effrayer, de te scandaliser, de te voir ricaner. J’ai peur de tout ça mais je me connais, je sais que je vais le faire. Pourquoi est-il si facile de te parler lorsque tu n’es pas là ? Faut-il se résigner et continuer de t’aimer en secret ? Je ne le pourrai jamais. Si je dois choisir entre être ridicule ou avoir du regret toute ma vie, le seul regret que je veux avoir c’est celui de te voir mépriser mon amour plutôt que celui de te l’avoir caché ! Mais quand serai-je prêt à t’en parler ? Quand aurai-je la force et le courage de t’affronter ? En quelle circonstance en trouverai-je l’occasion ? Demain… je ferai tout demain. Je te dirai bonjour, je te parlerai… Je me mens, je sais bien que demain sera comme aujourd’hui. Ou toi, le feras-tu avant moi ? Qui de nous deux se jettera à l’eau le premier ? Si c’est moi, me laisseras-tu me débattre et sombrer dans mes explications ou me tendras-tu une main secourable en me souriant pour la première fois ? Je ne te connais pas, comment peut-on aimer quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Je ne sais pas… mais je t’aime ! »

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