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Avant de quitter momentanément la France, pour m’exiler deux semaines au Canada, j’ai eu la surprise dans mon petit cinéma de quartier (une semaine avant que la mairie ne passe aux mains du « Front National »), de voir apparaître des étagères dans le hall d’entrée. Ne me dites pas que vous ne les avez pas vues. Et dessus, une bonne vingtaine de livres étaient déjà posés. J’ai dû lutter à mort pour ne pas en saisir un. Et j’ai remarqué qu’aucun spectateur ne s’est hasardé à se servir.

Paraît que cela s’appelle du « Bookcrossing ». Textuellement parlant : « Le livre qui traverse » !... Heureusement qu’Internet et là pour tout m’expliquer… Mais pas que…

 

La base du bookcrossing est un site web, qui permet principalement d’enregistrer les livres et de suivre leur parcours. Si quelqu’un décide de relâcher un livre en bookcrossing, il obtient sur le site un numéro identifiant unique (BCID pour BookCrossing ID) qui permet de garder trace du voyage du livre.

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« Relâcher un livre ! » j’adore l’expression… Je vais militer pour la libération des livres retenus en otage dans toutes ces bibliothèques sentant le renfermé.

 

On le relâche, mais on lui met la laisse au livre vagabond, comme une bague à un pigeon voyageur. Je doute que tous les lecteurs jouent le jeu, et accepte d’être fliqués sur leurs lectures, comme nous le sommes déjà sur la FNAC ou Amazon. 

 

Heureusement, le flicage n’est pas obligatoire. La logique voudrait qu’on lâche le livre, là où on finit de le lire. Evidement, si vous êtes comme la copine de Brassens, dans « Misogynie à part », qui lisait du Claudel en faisant l’amour…, ça ne va pas le faire. J  

 

Puisque cette mode vient d’Amérique du Nord, et que j’y étais, j’ai mené mon enquête. Le premier canadien à qui j’ai posé la question ne connaissait pas. La deuxième (canadienne d’adoption) s’est exclamée :

- Ah oui ! J’en ai entendu parlé dans une série.

 Cela m’a fait pensé à cette institutrice parisienne demandant à ses élèves de maternelle s’ils avaient déjà vu une vache ? Sur 32, un seul en avait vu une !

- Et où l’as-tu vue cette vache ?

- A la télé, madame.

Que serions-nous sans la télé et les séries américaines ?

 

J’ai l’impression que le « bookcrossing » est aussi populaire en Ontario qu’Halloween en France. J

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