Cet autre qui grandissait en moi - 1

Petit commentaire à propos de « Ma vie d’avant », trouvé sur le site de la Médiathèque de Strasbourg :


L’homosexualité... Un thème si actuel et pourtant si difficile à traiter. Un thème qui se trouve au centre du roman d’Alexis Hayden et de José-René Mora, Ma vie d’avant, dans lequel nous suivons le jeune Kévin au fil de ses amitiés et amours.

Un avant-propos précède l’histoire et nous donne d’intéressantes informations sur l’homosexualité : des statistiques dont on ne se serait jamais douté et des explications sur ce qu’est la fondation LGBT. Cela met en place le contexte et prépare quelque peu la suite, ce que j’ai trouvé particulièrement bienvenu. Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas du tout l’habitude de ce genre de livres et je ne savais par conséquent pas à quoi m’attendre en le commençant. 

 

L’histoire en elle-même est simple : il s’agit de celle de Kévin, depuis son enfance jusqu’à son adolescence. Comme vous vous en doutez probablement, il n’est pas « normal » aux yeux de la société, car il aime les garçons. Il fait plusieurs rencontres, dont une en particulier changera sa vie : celle de Jérémy. Mais comme l’homosexualité est loin d’être acceptée de tous, leur relation est très rapidement mise à l’épreuve.

L’accent est mis sur cette période particulière de la vie de Kévin, mais, grâce à plusieurs flashbacks, nous en apprenons plus sur son passé, sa personnalité et sa famille, ce qui nous aide à nous faire une idée précise de lui et à nous y attacher. Les autres personnages ne sont pas en reste. Qu’il s’agisse de Jérémy, de leur famille respective ou d’Elodie – il n’y a en effet pas que des hommes dans l’histoire – tous sont développés avec soin et prennent vie, page après page.

L’impression de grand réalisme qui ressort de ce roman est sans aucun doute due aux personnages, mais bien plus encore au style d’écriture. Simple et dépouillé, parfois quelque peu familier dans les dialogues, même, il nous invite à entrer dans l’univers de Kévin tout en douceur pour ne plus en sortir avant d’avoir tourné la dernière page. Nous espérons, aimons et souffrons avec lui. 

Des questions profondes sont ainsi abordées avec une apparente légèreté ; celles de l’identité, de l’orientation sexuelle, de l’image que les autres ont de nous et, plus précisément, de la tendance presque innée de la société à déprécier les homosexuels. Même dans un monde actuel censé être libre, on les regarde bien souvent de travers, on les dénigre ou, pire encore, on les attaque. Ils ne sont pas « normaux » ; mais quelle est la signification de « normal » ? Est-ce un synonyme de différent ?

Le premier tome de la trilogie « Cet autre qui grandissait en moi » est un magnifique roman sur la tolérance et la différence. Au fil des pages, une tempête d’émotions se déchaîne en nous – espoir, joie, tristesse, peur... – avant de culminer dans une fin emplie de péripéties. Bien que sans grande surprise, le suspense reste présent et nous donne envie de lire la suite. Personnellement, je lirai avec grand plaisir les deux tomes suivants si l’occasion se présente.

 

 

Je remercie la fondation LGBT de nous proposer un roman si touchant sur un thème très actuel et les auteurs de nous enchanter avec une telle histoire ; j’espère sincèrement que les lecteurs qui l’auront entre les mains prendront – comme moi – conscience des difficultés que de nombreux homosexuels peuvent ressentir face aux tabous de la société et que leur situation s’améliorera dans le futur. Merci également au Sanctuaire de la Lecture pour l’organisation de ce partenariat.

Retour à l'accueil