Couverture Tome 2 

J’ai lu, ce matin, une petite phrase d’un certain John Gardner :

« Le souhait de tout écrivain (ou auteur… appelez-les comme vous voulez) serait de faire entrer le lecteur dans un rêve éveillé. »

Je trouve la définition excellente : hypnotiser le lecteur, qu’il n’ait plus envie de refermer le livre qu’il vient d’ouvrir, ou qu’il en soit incapable. « Aie confiance !... »  

 

Dans un roman, on se fiche de savoir si les évènements relatés sont authentiques ou pas, l’important c’est qu’ils en donnent l’illusion. Et s’ils ne le sont pas, c’est tout un art (que je maîtrise mal aux dires de certains) que de savoir « mentir vrai » ! Donner l’illusion que les situations les plus invraisemblables soient authentiques ! Et là forcément… y’a du boulot !    

 

Peu importe, quelle délicieuse perspective, pour l’auteur, que de s’imaginer avoir un certain pouvoir sur le lecteur. Pouvoir ambigu et consenti. Et même délicieusement consenti, puisque personne n’oblige le lecteur, ni à lire, ni à croire tout ce qu’il lit, si ce n’est ce pouvoir hypnotique, qui l’incite à tourner les pages en lui donnant l’illusion d’évoluer dans un monde parallèle, celui des personnages du roman.    

 

Ce qui les différencie, c’est que le lecteur arrêtera inévitablement de lire à la fin du roman, l’auteur, lui, ne pourra peut-être jamais s’arrêter d’écrire, sauf le jour où « le dieu qui partout le suit, lui dira, la main sur l’épaule : Va-t’en voir là-haut si j’y suis. »  

 

Ecrivain, auteur ou hypnotiseur ? Si vous deviez faire un choix, quelle appellation préfèreriez-vous ? Le mien est tout de suite fait, le plus dur sera de persuader l’agent civil de l’écrire sur mon prochain passeport !  

 Cet autre qui grandissait en moi - 1

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