Livre - bis 

J’adore les commentaires des lecteurs qui prennent le temps de nous dire pourquoi ils ont bien aimé ce livre. Hier l’un d’entre eux en laissait un sur « Blogspot »

 

« Ouvrage très émotionnellement prenant, précis et vraiment bien écris. Chaque page lue nous donne envie de découvrir la suite.
Je le recommande à tous. »

 

Récemment sur Amazon un autre lecteur  « Jojo » disait ceci :

 

« Je pars du principe qu’il y a des bouquins qu'on lit une fois et que l'on oublie, sûrement pour cause de vacuité confondante, mais il y a des livres que l'on dévore et qui touchent l'âme.
Je me suis souvent posé la question afin de savoir pourquoi. Sans doute par leurs capacités à retrouver des sensations éprouvées à un moment, ou un autre, de notre vie. De fait, cela devient, une œuvre dans laquelle on s'identifie totalement. »

 

Les deux derniers qui m’ont fait cet effet : « Anton Ramon » et « C’est toujours moins grave qu’une jambe cassée. » Et cher Jojo je me posais les mêmes questions. En fait je crois que je m’en pose autant au sujet de ceux que je n’ai jamais finis.

 

En relisant tous ses commentaires j’ai eu envie d’en faire un nouvel article au cas où les « nombreux » visiteurs de ce blog ne prendraient pas toujours la peine de les ouvrir. Voici donc :

 

 Je vois que mon commentaire a été repris sur ton blog... c'est agréable !  Mais après réflexion j'aurais tant de choses à ajouter à propos du livre... Il y a, en particulier 4 points auquel je n'avais pas pensé dès le départ mais qui me semblent intéressant de souligner.

- L'approche que je qualifie de philosophico-médicale : la déclaration que se font Bryan et Kevin sur leurs sentiments respectif fait suite a une matinée a la piscine... Comme si le contact de l'eau leur avait permis de naitre en tant que  couple ou du moins de renaitre en tant d'individus assumant leurs sentiments... Car ce n'est un secret pour personne nous naissons tous dans l'eau... Hasard ou fait volontaire ?

- la double référence au petit prince de Saint-ex... Pour l'anecdote ce livre fut Le Livre de James Dean durant la période ou il vivait avec William Bast… C'est grâce a ce bouquin que les 2 garçons se sont rapprochés... James Dean connu ensuite un destin similaire au deux héros du livre : Foudroyé en pleine jeunesse et de mort violente accidentel...

Le tour de force du livre est de ne jamais donner l'impression au lecteur que la relation entre Bryan et Kevin est aussi sexuelle. On l'oublie au fil de l'ouvrage... On ne retient que le coté fusionnelle de leur relation... Je vois en tant que lecteur la rencontre de deux âmes plutôt que de deux corps... Même si les deux sont exactes.

Le dernier point est plutôt négatif : Pourquoi avoir fait de cet ouvrage un "One shot" sans possibilité de suite... L'histoire et le style aurait a elle seule justifiée un tome 2. En tant que lecteur j'aurais souhaité les voir grandir, prendre de l'âge... Mais cela doit être propre au genre... Rarement film ou livre à thématique gay finissent en Happy End... C'est dommage !

Quoi qu'il en soit ... le livre m'a ému et c'est bien la l'essentiel !

 

Commentaire n°1 posté par jojo19760503 le 12/06/2011 à 13h18

Bonjour Jojo,

J’ai osé, sans en demander l’autorisation, reprendre les deux derniers commentaires d’Amazon sur mon blog pour une simple et bonne raison : depuis un an et demi que le livre est sorti nous en avions peu. Alors, en recevoir deux aussi chaleureux, je n’ai pas pu résister.

Comment répondre à toutes les questions que tu soulèves ? Nous avons un peu remanié leur déclaration d’amour après la piscine, sur une idée d’Angel, mais je doute qu’à l’époque nous ayons eu en tête cette idée de renaissance à travers l’eau, comme Noé survivant au déluge ou Jésus baptisant dans l’eau… Je trouve l’idée géniale mais la mienne était beaucoup plus terre à terre. Je sortais de la piscine où j’avais vu beaucoup de mains baladeuses, je me suis souvenu qu’au même âge je prenais autant de plaisir à toucher le corps de mon copain et c’était le seul endroit où tout était autorisé et non suspect. Les temps et les époques ne changent pas tant que cela. En rentrant, j’ai tiré une feuille de l’imprimante et j’ai tout écrit. Désolé de te décevoir mais beaucoup d’idées ont ainsi surgi au hasard des évènements et de l’écriture, comme le dernier chapitre…

Pour les références au « Petit Prince », non je ne connaissais pas cette histoire de la vie de James Dean. J’ai toujours adoré le roman de Saint-Ex surtout le passage avec le renard.

« Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :

-Ah! dit le renard… je pleurerai.

-C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise…

-Bien sûr, dit le renard.

-Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.

-Bien sûr, dit le renard.

-Alors tu n'y gagnes rien!

-J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. »

J’adore ces dialogues, le côté sentimental du renard et celui rationnel et sans cœur du Petit Prince. Ce n’était qu’un clin d’œil.

« Pourquoi avoir fait de cet ouvrage un "One shot" sans possibilité de suite... »

Ce qui est drôle c’est que j’ai pris plein de notes pour écrire une suite ! La première fois que j’en ai parlé à Angel et son ami, ils étaient contre mais je ne désespère pas de les faire changer d’avis. Il ne peut s’agir de suite bien sûr. Dans ce livre nous n’avons que le vécu de Bryan, il serait peut-être intéressant de reprendre la vie de Kévin avant sa rencontre avec Bryan et de découvrir qu’il avait déjà vécu des choses surprenantes… Ce sera pour plus tard, j’ai tant d’autres projets en tête.

Beaucoup nous reprochent le dernier chapitre. Il est choquant ? Tant mieux, c’est fait pour. L’homophobie est une réalité, on peut l’ignorer mais elle existe de même que l’amour entre personnes de même sexe.

 « Ne jamais donner l'impression au lecteur que la relation entre Bryan et Kevin est aussi sexuelle. On l'oublie au fil de l'ouvrage... On ne retient que le coté fusionnelle de leur relation... »

Tant mieux car l’homosexualité ne se résume pas à des rapports sexuels mais avant tout, comme pour les hétéros, à des histoires d’amour.

« Il est parfois sombre, triste, souvent émouvant. Mais si on l'aborde avec une vision "religieuse"... il démontre que : l'amour le vrai est éternel... Oui c'est un livre positif d'une certaine façon. »

Il y aurait beaucoup à dire aussi sur cette petite phrase, surtout sur l’expression : « vision religieuse » car la plupart des grandes religions ne sont pas tendre avec l’homosexualité même si beaucoup de leurs membres en sont mais il ne faut pas le dire. Sombre, triste et émouvant… peut-être. Ce n’est en aucun cas une incitation au suicide au contraire, la réaction de certains jeunes hommes me rassurent, telles que celles-ci :

« L’histoire est excellente surtout le dernier chapitre que j'ai trop, trop adoré !!! »

« J'avais le projet de m'investir dans la vie associative de défense des droits des gays, ce projet sera concrétisé, j'en fais le serment. »

 

Un grand merci, Jojo, pour tous ces gentils commentaires.

Amicalement, Alexis.    

Réponse d’Alexis le 12/06/2011 à 17h35

Merci de ta réponse... effectivement la version vu à travers les yeux de Kevin serait une bonne idée... mais il y fort à parier que le livre en découlant serait encore plus "noir" il a tout le passage du deuil à aborder; et du comportement...et comment dirais-je du "cheminement" poussant au suicide... Pas vraiment des sujets faciles à aborder... Pour en revenir à ce que tu disais a propos de la piscine je partage les mêmes souvenirs que toi... Mon dieu cela ne nous rajeunit pas. D'ailleurs en parlant de religion tout à l'heure... le terme "religieux" est uniquement utilisé afin d'évoquer l'idée de vie après la mort... Je connais trop bien la position de la majorité des "faux magiciens" chargé de représenter dieu sur terre. C'est la raison pour laquelle je m'en suis retourné depuis un certain temps déjà... Puisque lui ne crois pas en moi... pourquoi devrais-je croire en lui ? Mais là n'est pas le débat... Il est heureux que les 2 gamins n'est pas été en balade et se faire piquer par un serpent... là nous serions tombé dans le biblique par associations d'idées :-)

 En ce qui concerne l'homophobie comment ne pas cautionner tes propos...? L'actualité nous le prouve tous les jours... Matthew Shepard est bon exemple de ce qu’on devrait montrer dans les collèges et lycées afin de faire prendre conscience de cette connerie ordinaire... Hélas ordinaire. Trop ordinaire... Oui elle existe !  De part mon boulot,  j'y suis vigilant... je bosse dans un centre de formation pour jeune adulte.

En ce qui concerne les références... je trouve que beaucoup de passage sont très cinématographiques... Après tout je suis bercé par le cinéma depuis l'âge de 7 ans... L'arrivée à la brocante est un bon exemple... Travelling sur les stands... Gros plan sur le poignet de Kevin. Close up sur le visage de Bryan...etc. Est-ce volontaire...?

Après si je voulais me lancer dans les références croisé... il y en a des tas peut être involontaire... la pendaison de Kevin décroché par son ami me fait penser au dernier épisode de la 1er Saison de Queer as FolK… juste avant l'agression de Justin... je ne sais pas si tu connais ? La naissance et la Mort dans la 3eme tiers du livre ca fait très "Urgence" ... Le cri en haut de la tour Eiffel... y'a pas un peu de "Titanic" la dedans ? "My heart will go on" comme dirait Céline (Dion pas Luis ferdinand) ;-)  Même si je reste convaincu que le 2 héros on dut pratiquer une autre sorte de "voyage au bout de la nuit"  :-)

Tout ca pour dire que depuis 5  jours que j'ai fini le bouquin, je ne suis pas spécialement à l'aise... je ne perds pas de vu que cette histoire bien que fiction pourrait être vrai... Mais le plus surprenant c'est que le livre m'a forcé a l'introspection... J'ai repensé à des sensations que j'avais eu il y a 17 ans au moment ou j'avais l'âge des héros... C'est ce genre de relations que j'aurais voulu vivre mais hélas j'ai fait le choix de me cacher jusqu'a 22 ans... Ces années la... sont des années perdues... Cela dit ca n'a pas empêché de me faire traiter de pédé plus souvent qu'a mon tour... :-)  Il y a des regards qui trahissent ! C'est drôle depuis 10 ans personne n'a plus osé

A propos : pour revenir sur l'histoire du petit prince... le passage que tu cite est celui que Jimmy Dean avait fait lire a son copain... Pour l'info j'ai torpillé le livre en une nuit... J'étais bien frais pour aller bosser le lendemain !!

 

 

Commentaire n°2 posté par jojo19760503 le 12/06/2011 à 18h22

Si nous devions écrire une suite ce ne pourrait être la même histoire mais la vie de Kévin avant Bryan et son cheminement jusqu’à lui. Pourquoi porte-t-il ce bracelet en cuir par exemple. Qui lui a offert ? Expliquer tout ce qu’il n’a pas dit et que Bryan ne lui a jamais demandé, etc.

Bien vu pour « Titanic » et la brocante, pour le reste…

Tu voudrais parler d’homophobie, de tolérance et d’homosexualité dans les collèges et les lycées ? Malheureux, tu vas être accusé de prosélytisme. C’était un peu le message du livre : tout le monde sait que ce genre d’amour existe mais il ne faut pas le dire et laisser les jeunes souffrir et désespérer en silence. Désolé de soulever tous ces problèmes mais lorsque je lis « Un homo dans la cité » de Brahim Naït-Balk ou « Casse-toi ! » de Jean-Marie Périer, je ne suis pas très optimiste pour l’avenir.

Ainsi, tu as lu ces 464 pages en une nuit ! Tu es la troisième personne à nous faire cet aveu.       « J'étais trop triste de l'avoir terminé ! Je m'en voulais d'être allé aussi vite. Je n’avais vraiment pas envie de le terminer mais je voulais tellement la suite que je n'ai pas pu m'arrêter. »

Tous ces commentaires font vraiment plaisir.

Réponse d’Alexis le 12/06/2011 à 23h51

Tu soulève, à juste titre le problème particulier de l'homophobie.  Je te précise que j'ai eu l'occasion de lire les deux livres dont tu parles. Et je dois reconnaitre que j'ai vécu d'une certaine façon une des situations que Jean Marie Perrier décrit dans son livre... Pas en ce qui me concerne mais en ce qui concerne mon ex-copain : Que ces parents ont foutu dehors le jour ou il leur a annoncé notre relation. Par la suite il a préféré que l'on fasse comme si nous n'étions plus ensemble afin de pouvoir vivre chez lui...

 

Mais pour en revenir à l'homosexualité à l'école et plus particulièrement à l'homophobie... Je ne partage pas vraiment ta vision qui a mon sens est trop négative... certes réelle, mais négative quand même. Je m'explique... Tu parles d'accusation de prosélytisme ... la ou moi je parle de problème de santé publique urgente a traiter... Je ne vais pas te citer les statistiques sur le suicide des jeunes homos, tu dois les connaitre aussi bien que moi. En fait, il ne s'agit simplement de tolérance... Encore que l'on tolère un animal dans un restaurant, je préfère parler d'acceptation.

 

On répète a longueur d'année aux élèves que le racisme c'est pas beau, l'antisémitisme c'est pas bien... Bla Bla Bla... A quand la même chose pour l'homophobie...  ? A titre personnel je suis convaincu que le blocage ne viens pas de l'éducation nationale, ni des parents d'élève (quoi que ? cf. polémique sur le dessin d'animation "le baiser de la lune") mais principalement du pouvoir politique... Il y a bien longtemps que nous n'avions pas eu un gouvernement aussi réac sur les préoccupations LGBT... Voir le vote de 09/06/2011 à l'assemblée sur le mariage homo et les déclarations préalables de la mère Barrèges. Je pars du principe que l'état ne joue actuellement pas son rôle. C'est a dire en rendant tout les citoyen égaux et en évitant les fractures sociales quelle qu'elles soient. Comment veux-tu que Mr le macho de base en survêt Adidas et bob Ricard ne qualifie pas son voisin de pédale, quand un député du Nord, de sinistre mémoire, insulte devant des milliers de téléspectateurs, a une heure de grande écoute, tout les gays de France. En les qualifiant entre autre de drogué, Alcoolo,  pervers.... etc. ?

 

Je vois les choses de la manière suivante : Oui l'homophobie existe à l'école dans le monde du travail, dans la vie courante... C'est un danger c'est évident ! Les insultes ne sont qu'une "anecdote" la violence et parfois le meurtre deviennent un problème de société. Partant de ce constat, Les associations font ce qu'elles peuvent mais le problème doit être réglé par l'état grâce une justice sans faille et impitoyable... et surtout par la prévention. En amont de ca : Oui l'homosexualité existe aussi et toute "politique de l'autruche" ne sert à rien, sauf,  à détruire des vies.  Quand j'entends parler de gamins qui se foutent en l'air parce qu'ils sont victime de la connerie des autres. Je me dis que ce gamin avait la vie devant lui... Ca m'ulcère. Car ca me fait penser que ce genre d'acte pourrait être évité par de simples campagnes d'informations et sans doute par une meilleure formation du corps enseignant. Seulement nos chers gouvernants se mettraient à dos la partie la plus intégriste et conservatrice de leur électorat.

 

Plus inquiétant sont les nouveaux clichés sur les homos " les homos sont un lobby qui détient un très haut pouvoir d'achat" La nous sommes vraiment sur une pente dangereuse... ca m'évoque une certaine idéologie de années 30 envers la population juive... Finalement la ou nous devrions évoluer, je constate que nous régressons. Mais ne soyons pas négatif, le combat doit continuer.

 

Et pour conclure sur d'autres passages ton  livre : J’ai aussi apprécié les 2 façons dont on peut le lire : Comme un roman racontant une histoire d'amour ordinaire... parce que ça l'est même entre deux mecs. Ou bien le lire comme une étude de notre société avec les points que nous venons d'aborder.

Et une question sur un des passages du livre... le tableau d'offre Kevin a Bryan (les 2 mecs avec un seul œil)  C'est une variation a ta manière de l'œil de la providence ? Un indice sur la fin du livre ? 2 personnes identiques réunies au dessus du monde comme une seule personne omnisciente ?

Commentaire n°3 posté par jojo19760503 le 13/06/2011 à 01h21

Bon alors… Soyons clairs. Je ne parle pas de prosélytisme par hasard car c’est bien de cela dont on a accusé le réalisateur du dessin animé « Le baiser de la lune. » Et si j’ai bonne mémoire qui l’accusait ? Les associations de parents d’élèves, les enseignants, l’académie (béni oui-oui) et le ministère, qui en est encore à confondre pédophilie et homosexualité. Tous ces braves gens n’ayant jamais eu aucune éducation sur le sujet ne voient l’homosexualité qu’au travers de préjugés et de clichés. Pour eux, dire aux plus jeunes que l’homosexualité n’est ni une tare ni un choix, c’est les inciter à vivre leur vie et par conséquent à faire des adeptes. Quand à la tolérance et l’acceptation ce ne sont pas des mots qui sont à la mode en ce moment dans la société française en générale et quand je vois des extrémistes de tout poil rappliquer avec leurs gros drapeaux (comme disait Brassens) j’ai peur.

Je connais les « statistiques » sur le suicide des jeunes et des jeunes homos en particulier. C’est le seul point critique qui commence à inquiéter nos ministres mais pas au point d’intervenir, ils ont déjà tant fait pour la jeunesse… Quant au nombre de crimes homophobes les chiffres sont bipés. Je crois que c’est Brahim qui raconte comment un jeune un peu efféminé ou pressenti comme tel débarquant dans la cité a été battu à mort et brulé dans une poubelle. Le lendemain tous les caïds de la cité s’en vantaient : "Hier, on a cramé un pédé!" Heureusement la police a enquêté, conclusion du rapport : « Règlement de compte entre bandes ! » Tu parles de justice sans faille, tu plaisantes, la justice fait peur, elle a toujours fait peur. Il ne suffit pas d’être innocent pour être acquitté. Les jeunes et moins jeunes qui se font agresser sont obligés de s’assurer le soutien d’associations pour être pris au sérieux au moment de porter plainte.

-          Etes-vous certain qu’il s’agisse d’un acte homophobe ?       

Il est plus facile de passer les menottes à Kévin que de rechercher les vrais coupables, ce passage n’est pas présent dans le livre par hasard.

Tu parles d’une meilleure formation du corps enseignant mais peut-être aussi du corps médical. Car quand un jeune homme, comme Guillaume qui a témoigné de son histoire sur ce blog, fait une première tentative de suicide, puis une deuxième et enfin une troisième ! Je pense que beaucoup de gens ont manqués de vigilance. Bref en gros nous disons presque la même chose et surtout ne pas baisser les bras.   

Pour revenir au livre, je crois que tu l’as vraiment décortiqué. Le tableau des 2 « mecs » avec un seul œil pourrait être un indice pour la fin mais hélas ce n’en est pas un, car au moment où ce passage a été écrit, le dernier chapitre n’existait pas et n’était pas prévu. Ce n’est pas Kévin qui l’a peint mais ce tableau existe, je l’ai croisé je ne sais plus où, c’était une aquarelle représentant deux visages avec un seul œil, il était impossible de définir s’il s’agissait d’un homme et d’une femme, de deux femmes ou de deux mecs ! C’est Bryan qui voit « deux mecs » mais quand il pose la question, Kévin ne lui répond pas. C’était un tableau magnifique, je regrette de ne pas l’avoir acheté j’aurais pu en faire la couverture. J’ai tout de suite pris des notes et ajouté ce passage dans l’épisode de la brocante. Tous les humains ont envie de rencontrer l’âme sœur, en peignant ce tableau Kévin en concrétisait le souhait. L’offrir à Bryan, ça c’était un indice pour la suite. J Il m’est ainsi arrivé plein de petites choses sympathiques pendant la rédaction de ce manuscrit que j’ai ajoutées au fur et à mesure de l’écriture. Petits détails que je n’aurais probablement pas vus ou oubliés en temps normal, comme ces deux mecs d’une vingtaine d’année ce disant au revoir dans l’aéroport de Toronto. C’était le mois de juin, il faisait beau et l’un retenait son copain à deux poings serrés par le bas de son tee-shirt. J’ai trouvé l’image très significative, ce ne fut qu’un cliché d’une seconde à peine mais comment résister au plaisir de l’utiliser pour en enrichir une séparation, etc.  

Réponse d’Alexis le 13/06/2011 à 08h08

Effectivement nous disons plus ou moins la même chose mais dans des ternes différents. Disons que pour être clair,  tu as une vision négative en te basant sur des faits du passé aussi tragique soient-ils, Moi plutôt une vision positive en me projetant dans le futur... Comme l'écrivait Bernard Shaw : "Il y a les gens  qui voyant les choses telles qu'elles sont, et qui se demandent pourquoi. Et d'autres qui rêvent les choses telles qu'elles n'ont jamais été,  en se disant pourquoi pas. "

 

Je me permets de reprendre certains de tes propos que je trouve quand même un peu excessifs :

 

"Tous ces braves gens n’ayant jamais eu aucune éducation sur le sujet ne voient l’homosexualité qu’au travers de préjugés et de clichés."  

 

Je sais bien que la France est un vieux pays avec une population vieillissante mais selon moi des parents intelligents peuvent se renseigner d'eux même au regard de la masse d'information qui existe (livre, émission, web...) En toute logique des parents aiment, un tant soit peu dignes de se nom, doivent accepter leurs progéniture tel qu'ils sont et non pas tel qu'il aimerait qu'ils soient. Mais cela implique un minimum de volonté et d'intelligence.

 

"Quand à la tolérance et l’acceptation ce ne sont pas des mots qui sont à la mode en ce moment dans la société française"

 

Tout dépend pour qui… et pour quoi. Au risque de choquer les lecteurs du blog je vais te dire les choses sans détours : Un Vanneste qui insulte les gays devant tout le monde sans justification... toute le monde s'écrase... Un Zemmour (même si je n'aime pas le personnage) qui déclare avec des chiffres a la clé que "la plupart des trafiquants sont noirs et arables" cela devient une affaire d'état. No comment.

 

"Quand je vois des extrémistes de tout poil rappliquer avec leurs gros drapeaux"

 

Ce n’est pas nouveau  en France des extrémistes nous en avons toujours eu... On ne peut pas empêcher les gens d'être con... mais le pire c'est que c'est souvent contagieux... et transmissible...

 

 

"Tu parles de justice sans faille, tu plaisantes, la justice fait peur, elle a toujours fait peur. Il ne suffit pas d’être innocent pour être acquitté."

 

Justement, je souhaiterais qu'elle le soit... et même plus qu'elle soit impitoyable... Etant un opposant farouche à la peine de mort... Un crime homophobe justifierait a lui seul la prison a perpétuité (pas pour 15 ou 20 ans mais à vie) je serais d'avis de d’isoler le coupable comme une bête atteinte de la rage.

 

Il est plus facile de passer les menottes à Kévin que de rechercher les vrais coupables, ce passage n’est pas présent dans le livre par hasard.

  

Oui j'avais noté :-)  C'est un fait et je ne sais pas quoi répondre à ça !

 

"Tu parles d’une meilleure formation du corps enseignant mais peut-être aussi du corps médical. Car quand un jeune homme, comme Guillaume qui a témoigné de son histoire sur ce blog, fait une première tentative de suicide, puis une deuxième et enfin une troisième ! Je pense que beaucoup de gens ont manqués de vigilance"

 

C'est juste et c'est tragique qu'un gamin soit obligé d'appeler à l'aide de cette manière pour qu'enfin on l'écoute...

 

Pour revenir au livre, je crois que tu l’as vraiment décortiqué

 

Ha bon tu as remarqué ? Soit pas surpris j'aime bien aller au delà des mots et des pages avec les livres que j'adore...

 

Selon moi il n'y a qu'une façon de lutter contre l'homophobie et la solution vient de la science. Je m'explique la majorité des homophobes partent du postulat que c'est un choix que les homos sont des anormaux qui ont fait le choix de la marginalité...

 

La solution est vite trouvée... Prouver scientifiquement que ce n'est en aucun cas un choix... A titre personnel si on m'avait demandé de choisir a 12/13 ans si je souhaitais être hétéro... tu penses bien que j'aurais choisi cette option, comme nous tous d'ailleurs. Je soucis c'est que ce n'est pas le cas...

 

Alors oui, Il s'agit de prouver que l'orientation sexuelle est innée et pas acquise, malheureusement les études en France sont quasiment inexistantes... Les pays d'Amérique du Nord sont beaucoup plus avancés de ce point de vue... Mais à ton avis qui possède le pouvoir de faire bosser les chercheurs sur ce point ? Le pouvoir politique... et nous en revenons à ce que je disais plus haut.  Une démonstration scientifique de l'origine de l'homosexualité réduirait de moitié peut-être plus, l'homophobie ordinaire...  Mais il est clair que cela contrarierai fortement les extrémistes de tout poils (avec leurs grands drapeaux)

 

C'est avant tout une question de communication... peut être les associations pour le droits des gay ou nous-mêmes devront revoir notre façon de communiquer. Etre plus incisif et moins faire de politiquement correct.

 

Je vais te raconter une anecdote personnelle. Sur un sujet qui n'est pas abordé dans ton livre, ou du moins, juste au détour d'une phrase.  Citation texto :

 

Un mec un peu borné me jurait mordicus que "le VIH c'est à cause des pédés dans les années 80"

 

La dessus je lui réponds " Rien ne permet de l'affirmer 25 ans après, et n'oublie pas que l'épidémie a aussi été lié a des pères de famille hétéros qui se tapaient des petits jeunes sans assumer et qui par voie de conséquence ont contaminé leurs épouses "

 

A partir de la il a commencer a se décomposer

 

J'ai ajouté " Mais par contre les pédés et le VIH c'est une longue histoire... c'est grâce aux homos et a leurs prise de conscience que le VIH a subit un fort coup de frein dans les années 90/2000..."

 

Il a tourné les talons et le l'ai plus vu de la journée...

 

Alors oui au regard de cela c'est une guerre de com. C'est drôle mais si je devais donner un conseil à un mec qui se cherche et qui a du mal a s'assumer le lui dirait : " c'est pas facile ce que tu vis mais réfléchi a une chose : tu préfères souffrir maintenant et vivre heureux ensuite ou te cacher toute ta vie et passer a coté de chose fantastique" Ce n'est que de la communication et du dialogue.

 

Effectivement : Oui de part certaines de mes positions je me sens exposé et pas à l’ abri d'une agression ... mais j'essaye de pas y penser... ou du moins j'essaye de faire comme si... Tes con... :-) tu me files des idées noires... après m'avoir fait chialer il manquait plus que ca !!

 

 

Commentaire n°4 posté par jojo19760503 le 13/06/2011 à 12h55

Je vais commencer par la fin : j’adore la fin de ton commentaire, je ne devrais peut-être pas mais j’étais plier de rire. Nous t’avons fait pleurer et toi tu me fais rire… Je te le disais : Y a pas de justice !  Pour ma punition, je vais passer l’après-midi à te répondre ! T’es content ? 

Bon… De quoi parlait-on déjà ?

Puisque nous sommes partis dans la déconnade : en clair tu me traites de vieux machin négatif qui se base sur des faits du passé. Objection votre honneur ! Voici une anecdote (tu as les tiennes j’ai les miennes !) qui date de la semaine dernière. Un jeune homme de trente ans nous disait son aversion pour les homos, il était consterné de les voir s’afficher sans gêne dans les lieux public. Dans ces cas-là, disait-il, il affichait clairement son hostilité par un regard foudroyant ! Devant le silence gêné qui s’en suivi il tenta de s’expliquer en disant qu’il comprenait qu’un enfant élevé par une mère possessive… bla-bla-bla…

Il a trente ans, il est marié, ne me dit pas que ce gars-là a reçu une éducation sexuel sur l’homosexualité. Il s’est fait sa propre opinion à partir d’on-dit et de clichés. J’espère que ce futur papa prendra le temps d’aller puiser (comment dis-tu ? » Dans la masse d'informations qui existe aujourd’hui avant que l’un de ses fils vienne lui dire : « Papa, tu vas rire, je crois que je suis comme les mecs que tu détestes ! »

Et si tant de gens le faisaient, c'est-à-dire s’informer sur le sujet, Jean-Marie Perrier n’aurait jamais écrit son livre. L’homosexualité est toujours un sujet tabou et ce dans tous les milieux. Voilà, entre autre, ce qui nous a motivés pour ce livre. Mais tu as raison : les humains me désespérèrent par leur médiocrité. (J’en suis bien sûr.)           

« Les parents doivent accepter leurs progénitures tel qu'ils sont et non pas tel qu'il aimerait qu'ils soient. »

Tu plaisantes j’espère. Ça c’est un projet pour les 30 000 ans qui viennent ! La plupart des parents « aimant » ont leurs propres projets et leur propre vision de l’avenir pour leurs enfants. Voilà pourquoi ils explosent lorsque ceux-ci viennent les contrarier. Ceci dit il y a forcément une part d’inquiétude dans leurs réactions violentes. Même les plus compréhensifs avouent être inquiets pour leurs enfants homos et avoir beaucoup de mal à accepter. C’est un « petit détail » aussi dans le livre, qui je l’espère ne passera pas inaperçu : la maman de Bryan a tout sous les yeux pour comprendre que son fils est amoureux de Kévin. Mais elle fait comme si… en supportant très bien cette situation tant qu’elle reste dans le domaine du non-dit. L’éducation sexuelle fait défaut mais l’éducation parentale aussi. Personne ne nous apprend à devenir de bons parents, c’est débrouille-toi. Alors nous imitons au hasard ce que nous avons vu faire… (Je suis presque certain que là non plus tu ne vas pas être d’accord !) 

Je vais passer l’épisode justice parce que cela m’agasse de trop, allez… juste deux mots alors. J’ai un ami qui est mort il y a deux ans dans un accident de la route, tué par un chauffard qui roulait sans permis et avec une voiture pas assurée. Ça vaut combien tu crois ? Cinq ans. Au moment du jugement il avait déjà fait deux ans, dans six mois il sera libéré. Ah non ! Peut-être pas, j’oubliais : il a fait appel ! La vie d’un homme ça ne vaut que ça ? Alors les agressions homophobes à côté… n’en parlons pas.        

« Prouver scientifiquement que l’homosexualité n'est en aucun cas un choix... »

Oui, bonne idée, il ne faudra pas être pressé c’est tout. Pas facile de prouver qu’elle se transmet de père en fils ! N’était-ce pas ce qu’on demandait à Galilée : de prouver scientifiquement sa théorie ? Comme il en fut incapable : prison à vie ! A l’époque on était impitoyable et on ne rigolait pas avec la justice.  Et portant elle tournait !

Un psy disait récemment à la télé : « De même qu’il y a des gauchers et des droitiers, il y a des hétéros et des homos… » Beau discours mais il ne faut pas oublier qu’on a contraint les gauchers à écrire de la main droite pendant des décennies avant d’accepter cette réalité. Combien en faudra-t-il avant d’accepter cette autre réalité ?

Bravo pour ton anecdote sur le VIH, j’adore ce genre de répartie, ça calme et en plus c’est vrai.

Une chose m’inquiète : je n’avais pas, jusqu’à présent, l’impression d’être quelqu’un de pessimiste même si je ne me fait guère d’illusion sur la nature humaine. Tu vas finir par me faire douter !...     

Réponse d’Alexis le 13/06/2011 à 17h36

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