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Dans la série : « Qu’est-ce qui t’est encore arrivé ? » Samedi c’était envolage pour Nantes.

      Vous allez vous baigner ? La chance ! me dit mon fils, la veille.

      Se baigner ! En janvier ! ça va oui ?

      Quand même si vous allez à la mer…

      D’accord, je vais y réfléchir.

      Tu leur diras bonjour.

      Ok.

Cinq minutes plus tard, après demi-tour en vol : il avait oublié son sac.

      Je t’ai dit de leur dire bonjour ?

      Oui, et la mer aussi…

Hey ! Vous êtes au courant ? On a paumé le AAA… Haaa !... Je n’en ai pas dormi de la nuit. Mais ce n’était peut-être pas à cause de ça, étant donné que j’ignorais qu’on l’avait !

Et dès l’aube samedi matin, deuxième mauvaise nouvelle :

Un mec s’est fait empoisonné sur un vol Air France en buvant un café soluble ! Ils se sont gouré de formule chimique et lui ont servi un verre de Destop bien chaud ! Vous savez : le truc pour déboucher les lavabos et les toilettes ! J’ignorais que c’était le même fabricant ! Faut quand même être sacrément enrhumé pour ne pas sentir la différence. Car même froid ça renifle le Destop,  je n’ose même pas imaginer à feu doux… Berk ! Berk ! Berk ! Dès qu’il a compris que s’en n’était pas… du café, il est tombé dans les pommes le monsieur. D’un autre côté… si tu veux être tranquille avec des passagers exigeants… La petite fille de dimanche soir, on aurait peut-être dû lui donner un café soluble… Mais c’est une autre histoire, chaque chose en son temps.

Quatre opérations et deux procès plus tard, Air France à été condamné à lui verser 46 000 euros. Moi je m’en fous, je ne bois jamais de café à bord, je préfère le jus de pomme. Non, non, du vrai jus de pomme, pas fermenté.

Avant de partir, escale (hé oui, ce n’était pas un vol direct) à la boulangerie. Croissants et jambon/crudités. J’ai toujours faim quand je voyage… Enfin… Pas plus que lorsque je ne voyage pas.

      Je n’ai plus de tomates, me dit la vendeuse, du gruyère ça ira ?

      Ben… ouais, c’est presque pareil !

Regard interrogateur, ben quoi, qu’est-ce que j’ai dit ? Ce n’est pas plus con qu’un jambon/crudités… sans crudité. Quand la journée commence comme ça, on peut craindre le pire. Plus de AAA, plus de crudité… Pffff ! Tout fout le camp.

Arrivé à Roissy, où avais-je la tête ? Au lieu d’aller directement au Parking PX (c’est mon préféré. Bande de voleurs !) j’ai filé direct sur l’aéroport. Lorsque j’ai réalisé mon erreur, on y était déjà.

      Mais qu’est-ce que j’ai fait ?

      Je me disais aussi…

Ben oui, elle se le disait aussi, mais elle ne l’a pas dit. Une décision énergique s’imposait :

      Je te laisse au Terminal 2D et je file garer la voiture. Tu auras le temps d’enregistrer ta valise et je te laisse mon sac.

Au bout du Terminal 2F, une nana un peu chelou, casque sur les oreilles, en plein récital chantait et dansait comme une folle sur le trottoir. L’ai-je un peu trop observée (mais comment l’ignorer ?) lorsque je suis arrivé à sa hauteur et que j’ai vu l’entrée du parking souterrain, je n’ai pas résisté à l’envie d’y entrer !

      Quel con ! Mais quel con !

      Je ne te le fais pas dire…

C’est bon, ça va ! A peine entré, sitôt sorti et dans un geste d’infinie bonté, monsieur ADP, comprenant que je n’étais pas d’humeur, n’a pas osé me taper 2 euros.

Au deuxième passage, même si la fille dansait toujours de façon aussi frénétique, je ne l’ai pas calculé (comme disent les jeunes) et j’ai enfin pris la bonne direction.

Ce n’est qu’en revenant sur l’aéroport par le petit train CDGVAL que j’ai réalisé ma connerie : ma carte d’embarquement, fraichement imprimée de la veille, était restée dans le sac que j’avais confié à ma femme. Je crois qu’il y a des jours où je mériterais un CCC. Car si ma femme avait déjà passé le premier filtrage de sécurité… j’étais mal, mal, mal. Elle avait ! Heureusement que les téléphones portables existent.

En salle d’embarquement, je me suis précipité sur les journaux gratuits, j’aime bien lire « Le Journal du Dimanche » mais pas de pot : stock épuisé.

      C’est con, il n’y a pas Le Journal du Dimanche.

      Mais… on est samedi !

      Ha ! ça doit être pour ça !

      T’es amoureux ou quoi ?

      Comme au premier jour ! 

Non je déconne, je n’ai pas répondu ça, puisque ça ne dure que trois ans. Et quand je vois comment souffrent ceux qui sont amoureux en ce moment… Oh non, pitié, pas ça.

Lorsque j’ai vu que le pilote était blonde j’ai compris que ce n’était vraiment pas mon jour. Mais ce n’était pas fini. Pendant le vol l’hôtesse demanda à ma femme :

      Que voulez-vous, biscuits salés ou sucrés ?

      Sucrés.

      Et vous ?

      La même chose.

      Salés ?

      Heu… non, sucrés.

Je n’étais pas le seul à être amoureuse !

En approche :

      Y a la mer à Nantes ?

Surtout ne pas rire, au risque d’avoir la gueule toute la journée. J’ai une volonté d’enfer quand même !

      Ben… c’est pas loin ! répondit-il sans l’esquisse d’un sourire.

      Parce que là… on survole de l’eau.

      Ah ouais.

Et tout d’un coup, plus envie de rire, j’ai eu un flash : c’était une blonde qui pilotait… Mais non, nous étions bien à Nantes. Comme quoi…

 

Ps : On ne s’est pas baigné et le retour ce sera pour demain.            

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