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Salon du livre de Genève (Suite).

 

Faire l’aller et retour dans la journée, c’est crevant mais très instructif. Un autre fait intéressant : les visiteurs s’approchent plus volontiers si quelqu’un est déjà en train de discuter avec nous. Un effet bouclier ou quelque chose du genre : « Je n’ose pas poser de questions, mais les réponses m'intéressent ! ».  On aurait dû se payer un leurre !

Ainsi pendant que nous discutions avec le représentant du « Best-Western », sponsor du salon, qui est venu nous proposer des réductions pour l’année prochaine, plusieurs visiteurs se sont arrêtés. Le pauvre… Combien de chances avait-il de tomber sur moi ? J’avais tant de questions à lui poser. Pourquoi les chambres du Best-Western Paris, en face de la Gare de Lyon, sont-elles trois plus petites que celles de la même chaîne d’hôtels au fin fond de la Californie ? Pourquoi ne faites-vous pas de réduction en dehors du salon ? Pourquoi ? Pourquoi ?... Tiens, au fait, j’attends toujours les réponses.

Puis est arrivé un groupe de quatre ou cinq lycéens, nous demandant si nous avions le temps de répondre à un questionnaire.

- Nous avons tout l’après-midi.

Un garçon posait les questions, une jeune fille notait nos réponses et les autres avaient l’air de s’en foutre un peu. Nous n’avons même pas pensé à prendre des photos. Dégoûté ! (La prochaine fois prévoir un leurre et un photographe aussi !). Ce qui m’a amusé, fut de leur retourner parfois leurs questions. Inverser les rôles est toujours déstabilisant. Et là, nous avons eu des réponses surprenantes. Ainsi lorsque nous lui avons demandé s’il lisait beaucoup, il nous a répondu, après deux secondes de réflexion :

- Pas beaucoup, mais j’ai lu plusieurs fois les mêmes livres !

Etonnant, non ? Pourquoi cette réponse ? Parce que c’est trop cher ? Peur d’être déçu ? Du coup, José lui en a offert un autre. Et là, j’ai un peu les boules : j’aurais dû faire la même chose avec la jeune fille, puisque c’était les deux seuls qui travaillaient. Hélas, je n’ai pas eu ce réflexe. Plusieurs de leurs questions étaient intéressantes, comme celle-ci : « Si vous pouviez intervenir dans un établissement scolaire, quelles sujets voudriez-vous aborder ? »  

- La tolérance. Expliquer que nous sommes tous différents et que la normalité n’existe pas. Et vous inciter à lire entre les lignes, comprendre ce qui n’est pas écrit…

Bravo jeune fille et jeune homme, merci de nous avoir choisis. Il fut mille fois plus agréable d’être questionné par vous, plutôt que par les animateurs d’une certaine émission de radio de Paris. Je ne sais pas ce qui vous unissait, mais je vous ai trouvé très complices et respectueux aussi : jamais vous ne vous êtes impatienté lorsque votre amie n’écrivait pas assez vite.                  

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