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Quel jour sommes-nous ? Jeudi ! C’est un bon jour pour dire des vacheries. Non ? Allez… C’est parti ! Aujourd’hui c’était Gare de Lyon, j’aime bien cette gare en ce moment, et tu vas rire José (ou pas) je me suis encore gouré de hall ! C’est de leur faute, avant il n’y en avait qu’un, c’était fastoche, trois, c’est deux de trop. Surtout que le plus dur, c’est de savoir dans lequel on se trouve.

J’étais en avance, que faire si ce n’est me rendre dans ma boutique « Relay » préférée. Pendant que je cherchais, en vain, à comprendre pourquoi Marc Lévy avait tant de succès (je vous avais prévenu) en parcourant son dernier « paveton », une maman très énervée (pléonasme), au bord de la crise de nerf (deuxième pléo), fit une entrée aussi triomphante que théâtrale. Un truc que je n’ai jamais compris, chez vous mesdames (bon d’accord… pas qu’un…), pourquoi êtes vous si cool au début de votre vie et si speed à la fin, voir bien avant la fin ?… Cette maman, accompagnée de son fils, un môme d’une dizaine d’années, assez relax, par rapport… se mit à crier (la mère, pas le môme, puisqu’il faut tout vous dire) :

      Non ! ça ne va pas être possible Cécile, je ne connais même pas le numéro de la voiture !

Une fois n’est pas coutume, je compris tout de suite ce qu’elle voulait dire, car j’avoue moi aussi, ne pas connaître le numéro de la mienne, et dans un parking de six étages… pas facile Cécile. Elle parlait en fait, de la voiture SNCF qu’elle ne désespérait pas, prendre.

Cécile (13/14 ans, encore plus relax que son frère) faisait calmement la queue, dans l’une de ces bien longues files d’attente, d’une industrie qu’on dit en crise ! C’est tout aussi calmement qu’elle tenta d’expliquer à sa mère, qui ne l’écoutait déjà plus, que le numéro était forcément inscrit sur les billets. Pendant que je changeai stratégiquement de place, pour ne rien rater de cette intéressante conversation de gare (ben oui, puisque nous y étions), la maman cria encore plus fort (façon tragédienne, genre Acte II scène III), et à distance pour que tout le monde en profite (merci madame) :

      Cécile ! Il ne nous reste que cinq minutes !

Et le traitre de petit frère, qui n’avait pas encore osé la ramener, d’ajouter :

      Si on rate le train… Alors là !...

Alors là, je ne sais pas quoi. Je sais seulement que cette simple perspective, accentua le stress de la maman, que je croyais pourtant au maxi de sa puissance. Elle hurla en direction de Cécile, qui n’avait visiblement pas l’intention de lâcher son magazine préféré.

      Bon, et ben moi, j’y vais !

      Je vous rejoins.

Sur ce, elle remballa ses valises, son fils, et sortit. J’hésitai à applaudir, tant la scène avait été bien jouée. Devant l’indifférence générale, et par solidarité aussi, car tout cela n’était pas sans me rappeler certains souvenirs, j’eus le bon sens de m’abstenir.

Sur ce coup-là madame, vous n’avez pas eu de chance, car si, au lieu de ce magazine, Cécile avait choisi le dernier Marc Lévy, je parie qu’elle vous aurait suivi sur le champ.

Ne voulant pas rater la suite, j’abandonnai lâchement Cécile à son triste sort, et suivis la maman de loin.

Je n’allais pas le regretter, car la scène du compostage fut aussi un moment exceptionnel. Les billets (aller- retour-reçu) lui glissaient des mains… Imaginez un albatros paniqué d'avoir perdu sa couvée, battant des ailes en compostant son billet gare de Lyon… Ben voilà, c’était ça. Le petit frère esquiva instinctivement un compostage, qu’il venait de confondre avec une baffe en approche ! Ce qui me laissa hélas supposer, qu’il avait de l’expérience dans ce domaine.

Et Cécile arriva enfin avec son magazine, super relax, elle avait bien fait de ne pas lâcher l’affaire. Il leur restait deux bonnes minutes, pour faire les 500 mètres qui les séparaient de la place de la Nation, et de monter dans leur voiture N° 10 526 !

J’adore la Gare de Lyon, j'ai bien fait d'y conduire Kévin, dans ses futures aventures (à paraître bientôt). L’ennui c’est qu’exceptionnellement, je n’avais pas de feuille pour écrire tout ça. Et si j’ai une petite réclamation à faire à ce sujet : il serait bien que les imprimeurs de prospectus gratuits, nous laisse au moins une page vierge, pour écrire les futures aventures de Cécile.

Finalement, la « Carte du réseau Rail Team » fit l’affaire. Lorsque j’eus fini d'écrire ces quelques lignes, je levai le nez pour réaliser qu’au moins 200 personnes, qui m’avaient reconnu, ne me quittaient pas des yeux, dont certaines me montraient du doigt… Je n’aurais pas dû m’installer sous le grand panneau d’affichage « Arrivées/Départs ».       

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