Hugosse 2 blanc 3

Après avoir lu au hasard tous les livres que je trouvais dans la bibliothèque de l’un de mes frères (l’avantage d’avoir un frère de 12 ans son aîné) de Marcel Aymé à Jean-Paul Sartre, en passant par André Roussin et Marcel Pagnol…, à douze ans j’étais fan de pièces de théâtre et voulais en écrire une. Mais voilà, avoir envie d’écrire est une chose, savoir quoi, en est une autre !     

C’est au même âge que je suis allé pour la première fois au théâtre voir une pièce de   Dostoïevski : « Les Frères Karamazov ».

Pour l’amateur de comédie que je suis, ce n’était peut-être pas le meilleur choix, mais à douze ans on ne choisit pas. Je sais seulement qu’au retour, j’attaquai la rédaction de ma première pièce. Hélas, dix pages plus loin…, j’avais tout dit.

Les tentatives suivantes ne furent guère plus fructueuses. Bill Gates n’avait pas encore inventé le traitement de texte et les machines à écrire étaient des usines à gaz qui ne pardonnaient pas la moindre erreur. J’avais donc recours à la technique que j’affectionne toujours particulièrement : écrire avec une plume. C’est vous dire si je fais des bonds lorsque j’entends certains hurluberlus, se demander s’il est toujours utile et raisonnable d’apprendre aux enfants à écrire avec un stylo.

Avec ou sans plume, il me fallut des années pour apprendre à dépasser les 50 premières pages. Le théâtre en est peut-être responsable. Si j’avais pu regarder assidument « Apostrophes » l’émission de Bernard Pivot, j’aurais peut-être repris la plume plus tôt. Hélas, à la même heure le vendredi soir, comme il fallait choisir entre « Apostrophes » et « Au théâtre ce soir »…, Pivot ne faisait pas le poids. Où est passé l’époque où j’avais envie de voir deux émissions télé en même temps ?

L’élément déclencheur eut lieux un soir où je rentrais furieux d’être allé voir à Paris une pièce de théâtre très nulle, dont je tairai le nom. Persuadé de pouvoir faire mieux, c’est ce soir-là que j’écrivis les premières lignes d’Hugosse.

Alors imaginez ma réaction, lorsqu’après en avoir lu le manuscrit, José m'a dit :

- Dommage que ce soit une pièce de théâtre, tu aurais pu en faire un roman.

 

C’est la première et probablement dernière pièce que j’écris ! Désolé, José, Hugosse restera une pièce de théâtre.                     

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