Cet autre qui grandissait en moi - 1 

Au départ, Alexis et moi sommes entrées en contact à propos de son livre « Si tu avais été... », qui à mon sens est un des meilleurs livres à thématique gay que je n’avais jamais lu, même si j’étais un peu déçu de sa fin. Au bout de quelques semaines nous sommes tombés d’accord afin que je prenne connaissance de la suite (en réalité l’avant) et lui donner mon avis. Tome 1 qu'il avait conçu de son côté. C'était un manuscrit d'une centaine de page A4. Je trouvais que le texte était intéressant et dans la continuité de « Si tu avais été… » mais manquait de Punch.

 Nous avons commencé à faire quelques modifications. De fil en aiguille nous avons ajouté des détails, des anecdotes personnelles et dialogues. A l'issue de ce travail en commun nous l'avons fait lire chacun de notre côté et nous sommes arrivés à la conclusion qu'il devait être remanié en profondeur dans sa structure.

 Nous avons corrigé le manuscrit et ajouté quelques ultimes anecdotes. Sachant que toute la partie finale est (comme le l'ai dit) une grosse partie du monologue que j'aurais aimé adresser à mon « ami ». Les états d’âmes de Kevin sont totalement les miens. Et peut être ceux d’Alexis aussi.

 Nous sommes assez complémentaires pour trouver des idées novatrices, je pense que nous avons plus ou moins la même sensibilité. Même s'il est vrai que lui aime « faire pleurer dans les chaumières » là ou je suis plus enclin à voir des « happy-end » de partout.

 C'est durant la période où nous avons modifié ensemble le texte, que l'idée d'un tome 3 a été lancée et nous en sommes désormais à près de 50% sur cet ultime volume. Le ton de ce tome 3 sera très différent. Il y aura beaucoup plus d'humour. Et la fin (qui est déjà écrite) sera assez surprenante. On bascule du roman autobiographique, au roman de fiction pur et dur, avec un côté Thriller, tout en conservant l'esprit des deux tomes précédents... mais j'en ai trop dit.

 Ce fut (et c'est toujours) un échange perpétuel de mail, de coup de téléphone entre nous par rapport à des idées ou des concepts que nous intégrons dans les livres. C'est très agréable de « travailler » ensemble car nous n'avons aucun tabou et nous évoquons librement nos idées respectives. Même si nous n'avons pas toujours été d'accord, principalement sur l'avant propos de « Ma vie d’avant » dans lequel, il trouvait mes propos trop agressifs... Et sur d'autres petits points de détail.

L'écriture de ce roman a été rythmée par des évènements de ma vie personnelle, il a souvent « profité » de mon vécu pour intégrer des extraits des mails que nous échangions. Toujours avec mon accord. Par exemple, le texte dédicace à mon « ami » n'était pas prévu d'être édité. Ce sont des mots que j'avais écrits sur un bout de papier un soir de déprime. Il m'a proposé d'ouvrir sur ces quelques mots qui sont en rapport direct avec le thème du livre. J'ai accepté, même si la version édité est largement épuré.

Jusqu'au dernier jour avant l'envoi à l'éditeur le texte à évolué. Il est extrêmement facile de travailler à deux sur un même livre quand l’un ou l’autre ne cherche pas à tirer la couverture à soi. Et grâce à internet nous sommes en permanence à jour de nos travaux respectifs. Il est évident que le plus dur était d'être « raccord » par le style. Nous n'avons pas la même manière d'exprimer nos idées. Mais, je pense que les différences ne se voient pas dans le livre. Où ce fut amusant, c'est au moment ou nous avons cherché une chanson d'amour en anglais qui pouvait résumer l'état d'esprit de Jéremy. Et qui devait, en plus, avoir une partition de guitare prédominante. Nous avons cherché pendant une bonne semaine. Finalement nous sommes tombés d'accord sur « Still loving you » du groupe Allemand Scorpions. Qui à mon sens est une des plus belles chansons d'amour jamais écrite, avec une énergie incroyable et une mélodie sublime.

José.

 

 Il faut dire que José était très, ou trop, curieux (si, si) de lire l’ébauche de ce manuscrit et comme Erwan ne semblait pas très enthousiaste à l’idée d’écrire une suite et que je déteste être seul… Je lui ai fait confiance en lui envoyant le manuscrit. Le hasard a voulu que José vivait sensiblement la même histoire d’amour que Kévin, ce qui ne manquait évidement pas d’intérêt.

La fin de « Si tu avais été… » n’est pas triste du tout, elle est poétique au dire de certains lecteurs. Une « happy end » aurait été surréaliste, l’Amour est tout sauf un long fleuve tranquille, s’il l’est, c’est que ce n’est pas de l’amour. Faire croire aux quelques ados qui liront ce livre, que l’homophobie n’existe pas, que nous vivons à l’ère de la tolérance et par conséquent que leurs parents et amis accepteront avec joie leur « choix » amoureux, pourrait les rassurer mais je doute que cela leur rende service.

Tous, heureusement, ne vivront pas les mêmes difficultés que Bryan et Kévin, je constate toutefois que beaucoup de lecteurs s’y retrouvent. Le but n’est pas de décourager mais plutôt de demander à certains homophobes de se calmer (homophobe, définition : homo contrarié…) et de faire preuve d’un peu plus de tolérance et de compréhension.

« Les états d’âmes de Kevin sont totalement les miens. Et peut être ceux d’Alexis aussi », dis-tu… Bof… si peu !...

La chanson d’amour en anglais devait être « After Tonight » de Justin Nuzoka, j’aimais bien les paroles, mais hélas écrite quelques années plus tard que la chronologie des évènements…  Paul avait raison, on aurait peut-être dû supprimer les dates… Non ! C’est finit, on ne touche plus à rien !

« There's something in your eyes
Is everything alright
You look up to the sky
You long for something more
Darling
Give me your right hand
I think I understand
Follow me and you will never have to wish again
I know that after tonight
You don't have to look up at the stars
No, No, No, No
I know by the end of tonight
You don't have to look up at the stars
I know that if the love is alright
You won't have to look up at the stars
No, No, No, No
Tell me how you feel
And if I’m getting near
I'll tell you where to steer
You'll tell me where to steer
Da-Da-Da-Darling
Way above the clouds
And high above the stars
Through the unknown black holes
No one knows where we are
But we'll return to Earth and do it all over again
Come away with me
Come fly away with me
Just for a night
No one will ever know
No, No, No, No
Darling
I will leave you satisfied
Forever past time
You don't have to hide you're free to fly
»

 Il parlait d’amour et de me prendre la main. De s’envoler au-dessus des nuages. De ne plus se cacher, d’être libre de voler. Qu’il connaissait la fin et qu’après ce soir, je n’aurais plus à chercher de vœux dans les étoiles filantes, qu’il allait combler tous les miens. Pas de doute, c’était ce qu’il avait fait le matin même.

A ma place qu’auriez-vous compris ? Si cela n’était pas une déclaration d’amour qu’est-ce que c’était ? Et voilà qu’il me la chantait en ce jour particulier. Ses parents allaient-ils comprendre la même chose que moi ? Etait-ce un indice de plus pour les préparer à l’inévitable ? J’en étais convaincu. » 

 

Ecrire à plusieurs et à distance aujourd’hui c’est un plaisir, enfin pour moi c’en est un, il suffit de savoir qui prend la main, de changer presque tous les jours de numéro de version… et le tour est joué… à condition de bien s’entendre évidement, d’accepter (c’est le plus dur) les critiques des autres et d’en tenir compte.

Un grand merci à José d’avoir toujours répondu patiemment à mes nombreux mails et coups de téléphone… J’espère que notre futur collaboration à trois (Erwan – José – Alexis) sera aussi fructueuse, même si je sais d’avance qu’Erwan va nous « pourrir » la vie, tant il est pointilleux sur l’orthographe, la grammaire, la syntaxe et blablabla…

Alexis.

Couverture Tome 1 - Ma vie d'avant

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