Cet autre qui grandissait en moi - 1 

Déjà, je trouve un peu réducteur de considérer le livre (et a fortiori la saga) comme un roman traitant de l'homosexualité à l'adolescence. Pour se placer dans une vision plus globale, je pense que ce premier tome traite avant tout de l'amour impossible, un thème majeur de la littérature. Mais pas seulement, l'histoire comprends une multitude de thèmes sous-jacents, entre autre l'acceptation de soi, le coming-out, l'homophobie intériorisé... etc. Si je voulais être très terre à terre, je dirais qu'il n'apporte rien de nouveau. Mais je préfère le voir plutôt comme une continuité dans la série qui a commencé en 2009 avec "Si tu avais été...". Je crois que chacun des 3 livres apportent des thèmes qui leurs sont propres. L'amour fusionnel, l'amour impossible, la perte d'une personne que l'on aime, l'homophobie ambiante, la relation aux autres... C'est la raison pour laquelle le troisième tome abordera d'autres thèmes. Si le livre permet à 2 ou 3 jeunes de se sentir mieux d'en leurs peaux... Ce ne sera pas inutile. Effectivement si j'avais eu l'occasion de pouvoir lire ce genre de roman à l'époque ou j'avais 16/17 ans, ma vie aurait peut être été différente. D'un autre point de vue, l'avant propos du livre permet de rétablir quelques vérités que la majorité des gens ont peut être oubliées. Accessoirement de tordre le coup à quelques idées reçues. Il permet aussi de faire une photographie de la société entre 2009 et 2012 : Strictement rien n’a changé Maintenant, il apportera surement plus à un jeune homo de 15 à 25 ans qu’à une retraitée ayant sa carte au parti chrétien démocrate de Christine Boutin. Et pour répondre définitivement à la question. Trop souvent la littérature gay est chargée en érotisme voire en pornographie et donne une impression de “tristesse”... La majorité des ouvrages n’ont pas de happy-end. Pour la bonne et simple raison qu’être homo ce n’est pas si gai... (Rejet de l’autre, suicide, VIH, homophobie). Je pense que le tome 3 terminera la saga sur une note largement positive... Même s’il aura fallu 1500 pages et 3 tomes pour y arriver. Et c’est ce qui fera que la série sortira de l’ordinaire.

José.

 

Je crains de donner une réponse aussi égoïste que terre à terre. Je ne sais si ces trois livres seront d’une quelconque utilité, de l’avis des premiers lecteurs, j’ai la faiblesse de croire que certains y prennent déjà beaucoup de plaisir. Ce que je sais par contre, c’est qu’autant pour ce premier tome que pour « Si tu avais été… », quand on écrit avec autant de facilité et d’acharnement, c’est qu’on en avait réellement besoin. Celui de faire le point dans sa vie, comme celui de trouver une réponse à cette question qui m’a longtemps poursuivit, et que j’avais consciencieusement planquée au fond de ma mémoire : « Si tu avais été une fille, quelle vie aurions-nous eue » ? Il n’y a évidemment pas qu’une seule réponse plausible, ce serait trop simple. Puisqu’elles me satisfont, j’espère qu’elles en contenteront d’autres.

La première qui m’est venue à l’esprit : si tu avais été une fille, il est probable que nous ne nous serions jamais rencontrés. Si elle ne résout rien, elle coupe court à toute supputation.

Mais en admettant cette improbabilité ainsi que cette autre : que tu sois tombé sous l’effet de mes charmes… tu as un si mauvais caractère (et moi aussi peut-être) ça n’aurait pas marché indéfiniment, et il y a bien longtemps que nous ne serions plus ensemble.

Tout cela pour en arriver là ! Était-ce la peine de souffrir autant et de noircir tant de feuilles de papier ?  

Finalement l'amour ça sert à quoi ? À nous donner de la joie, Avec des larmes aux yeux... C'est triste et merveilleux ! Comme disait Edith. On y prend autant de plaisir à le vivre, à le souffrir, à l’écrire et j’espère à le lire ! En passant, tenter d’expliquer que l’amour ne s’explique pas, et par conséquent nous ne devrions pas avoir honte d’aimer, ne peut pas nuire.

Certains lecteurs qui appréhendaient de lire cette suite (une suite c’est souvent décevant) nous ont avoué avoir été agréablement surpris.

Pour toutes ces raisons, il était plus que temps d’écrire un Nième roman sur ce sujet.    

Alexis.   

 

Oui bien d'accord avec toi ... Ecrire est une forme de thérapie et donc implique une forme d'égoïsme. En ce qui me concerne, je considère ce livre comme une façon de pouvoir exprimer ce qui me fait tant souffrir. Je persiste à penser que les deux premiers romans sont parfaitement complémentaires au delà de la présence d'un personnage dont on suit l'évolution de sa naissance à sa majorité. Il apparait que les deux premiers tomes sont les deux facettes d'une même question : Si tu avais été comme moi... ou si tu avais été une fille... Une question qui dans les deux cas n'a pas de réponse. Concrètement le roman à une triple utilité, faire comprendre au lecteur que sa situation (si c'est le cas) n'est pas unique, donner du plaisir par la lecture. Et vider le cœur de son ou ses auteurs. Comme le dis très justement Alexis, Aimer, souffrir, rire avec celui qu'on aime, pleurer à cause de lui. C'est finalement vivre et être humain.

D'un point de vue très personnel  la dernière partie est clairement un monologue que j'adresse au garçon que j'aime encore, celui à qui j'ai dédié le livre. Des mots qu'il n'a jamais voulu entendre, mais que j'avais besoin de lui dire. Mais j'ai bien conscience que ma situation n'est pas isolé. Combien de garçons vivent les mêmes tourments, sans avoir la possibilité de mettre des mots sur leur douleur. L'amour le vrai, celui qui fait que l'on pense en permanence à l'autre, que l'on rêve de vivre avec l'autre, lui faire confiance , lui venir en aide, tout savoir sur  lui, essayer de le comprendre, lui donner de l'affection, se poser des question sur lui. Et ne pas pouvoir supporter son absence. Cet amour là est forcement douloureux, c'est du moins ce que je crois. Il est d'autant plus douloureux lorsqu'on essaye de le rejeter, car ce n'est qu'une illusion. Les sentiments ne s'effacent pas par la volonté. Et en général quand l'on essaye de les enfouir,  ses sentiments là, ressortent avec une force décuplée. C'est une sorte d'Alien qui ronge l'âme. D'un autre coté, je crois qu'essayer de faire taire ou de cacher les sentiments que l'on a pour l'autre s'apparente à une forme de mutilation. C'est ce que j'ai vécu. Un mélange de plusieurs sentiments : colère, déception, chagrin, frustration, injustice... Si cet amour est déclaré, en cas de rejet par l'autre, la douleur ne peut s'effacer qu'avec le temps. Et c'est finalement  la trame du livre.

José.

Couverture Tome 1 - Ma vie d'avant

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