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Je viens de lire ce roman de Lucien Farre (1954) c’est trop triste ! C’est promis : je n’écrirai plus de roman triste.


Début du 4ème de couverture :


« Les deux héros, l’un âgé de 15 ans, l’autre de 17 ans sont-ils si différents l’un de l’autre ?

Si on lit ce livre attentivement – et ce n’est pas à parcourir, mais à lire – on s’aperçoit que cette différence d’âge, de religion, de race, de milieu, de condition sociale cache en réalité une identité fondamentale, celle de l’Être lui-même… »


Alors j’ai essayé de le lire attentivement, comme j’aimerais être lu. Le passage que j’ai adoré c’est avant Noël quand, comme dans chaque école religieuse de l’époque, ils vont représenter la mise à mort de Jésus. L’un jouant le rôle du Christ à en perdre connaissance, l’autre jouant celui de Marie à le croire réellement mort. Une scène à faire pâlir l’abbé Jouvenel.


« Sur mes genoux, Struwe était étendu, nu, décharné. Ma main soutenait sa tête de Christ asiatique. Il avait les yeux mi-clos et la bouche entr’ouverte. J’avais peur…


Si Struwe allait vraiment mourir ! Si le Christ, pour le récompenser d’être aussi fidèle à lui-même, allait le ravir d’une manière imperceptible, me laisser avec la seule dépouille ! Une jalousie atroce me mordait le cœur.


Le corps était à peine chaud. Hypnotisé, je regardais le cœur battre, un souffle invisible soulever la poitrine et je m’attendais à chaque moment à ce que tout s’arrêtât ! La tête était lourde et les yeux fermés refusaient de me voir.


Ma main droite levée vers le ciel implorait le Dieu inconnu. Quel Dieu ! IL était pour moi, ici, sur mes genoux, réfugié en ce garçon, aux cuisses maigres, épuisé, qui s’abandonnait totalement, une plaie rouge au flanc, aux mains, aux pieds !


Si cela était vrai !


Je pleurais. Des larmes coulaient le long de mon visage fardé…


Nous restons sans bouger, transformés en statues, jusqu’à ce que des prêtres se précipitent, s’inquiètent, nous relèvent. Struwe est évanoui et je n’en vaux guère mieux. »


Pour décrire une telle scène, ne faut-il pas l’avoir vécue ? À me faire regretter de ne pas avoir fréquenté d’école religieuse ! J’aurais trop aimé ça : pleurer sur son corps nu. J


Je me suis alors souvenu d’un autre scandale, celui que Paul provoqua dans une autre école, en se portant volontaire pour jouer le rôle de Judas, ce qui n’était jamais arrivé ! Mais sans Judas, pas de crucifixion, et sans crucifixion pas de résurrection…


 

Tout cela pour dire que j’ai beaucoup aimé « Nicolas Struwe » même si la fin est vraiment trop, trop triste.   

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