Livre - bis-copie-1


Pour le dîner, ma mère m’avait demandé de retenir Lætitia et Stéphanie, qu’elle ne connaissait pas. Les filles semblaient enchantées. Moi, je sentais les difficultés et le piège se refermer. J’avais mis en marche une machination qu’il devenait bien difficile de contrôler.

Ma mère et Stéphanie furent ravies de faire connaissance. J’aurais préféré l’inverse. Maman, égale à elle-même, comprenait tout le contraire de ce que je lui disais. Écoutait-elle seulement ce qu’elle avait envie d’entendre ? Quand je lui disais : « Ce n’est qu’une amie. » Elle comprenait : « C’est ma petite amie ! » Quand je lui disais : « Il n’y a rien de fait, nous voulons seulement apprendre à nous connaître. » Elle comprenait : « Je suis amoureux, je m’entends trop bien avec elle ! » Je me demande toujours si je parlais la même langue qu’elle. Ainsi, quand je demande au boucher une entrecôte bien fine, pourquoi me sert-il une côte de bœuf en me disant ironiquement : « Comme ceci, ça ira ? » Quand je demande une baguette bien blanche, pourquoi me donne-t-on la plus brûlée ? On ne m’écoute jamais ou est-ce moi qui délire ? Toutes ces petites choses m’effraient, car le jour où je devrai dire à Stéphanie que je ne l’aime pas et qu’il faut tout arrêter, que va-t-elle comprendre ? « Je t’aime, c’est la vie que je voudrais passer avec toi ! » J’avais peur.

 

J’ai écrit ces quelques lignes, il y a trois ou quatre ans. Quand je les relis aujourd’hui j’ai l’impression de vivre la même chose. Quand tout sera fini, je crois que je pourrai écrire un deuxième livre… pour raconter le premier !

 

Je croyais qu’avec les e-mails la vie serait simplifiée, que tout irait plus vite. Je me disais : même si La Poste fait des prodiges, elle ne pourra pas rivaliser. Si, si… elle fait des prodiges. Bon… pas toujours mais des fois !... Le problème avec les e-mails c’est que nous en recevons de trop. J’ai l’impression de vivre dans un monde de facilité ou pourtant tout devient de plus en plus compliqué. L’impression que si j’avais été avec le photographe, la photo serait différente. Si j’avais été avec le graphiste, la mise en page serait différente et la couverture aussi. Mais je ne suis ni photographe, ni graphiste. En mai la couverture ressemblait à ça :

 

J’avais fini par m’y faire, presque par l’adopter. En Septembre, changement de graphiste et changement de couverture.

  

Moi, je préférais l’autre. Alors comme toujours je l’ai ramené… Je leurs ai dit que je préférais le titre en majuscules. (C’est vrai qu’il était beau le titre en majuscule ! Non ?) Que le texte de la  4ème de couverture était mal cadré et que j’aurais bien aimé un fond de couverture plutôt beige très clair ! Je crois que j’aurais mieux fait de me taire, car voici ce que ça va donner…

  

C’est beige très clair ça ? Moi je vois plutôt du gris ! Pour le titre j’avais oublié de préciser : en gras les majuscules… Je n’ose plus rien dire. De toute façon maintenant… c’est trop tard. A moins que… d’ici Noël, Publikook se fasse racheté par Gallimard ! Et là… je l’aurai enfin ma couverture beige clair !  

 

Un petit avantage : de 466 on est passé à 470 pages, pour le même prix, c’est cool !             

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