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Hier tu me citais Nietzsche.

« Il faut retenir son cœur, car si on le laissait aller, combien vite, alors, on perdrait la tête ! ».

C’est l’éternel combat entre le corps et l’esprit comme le dit Bryan dans « Si tu avais été… » :

« Et toujours cette impression d’un autre qui grandit en moi. Qui faut-il écouter ? Mon cœur, mon corps ou mon esprit ? Pas un n’est d’accord avec les autres ! Quand je te croise, mon cœur s’emballe. Quand tu me manques, mon corps va mal. Quand je t’aime, mon esprit dit : « C’est mal ! » »

Retenir son cœur ? Il parle comme un curé ton Nietzsche. Je me souviens d’un passage de la bible : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant ». Je ne le trouve pas tortueux du tout, nous sommes ainsi conçu c’est tout. Le cœur et le corps symbolisent nos pulsions et nos envies, ils nous les font connaître en toute honnêteté. C’est l’esprit qui est tortueux et faux-cul. Il ne faut pas regarder les beaux mecs et surtout ne pas dire qu’ils sont beaux. Oui, mais ils le sont ! Bryan fait encore tout un réquisitoire sur le sujet. Décidément, je m’entends trop bien avec ce Bryan, il aurait pu être ma moitié d’orange ! J

« Je n’ai pas le droit de t’aimer, pas le droit de te trouver beau, mais tu l’es ! Je n’y suis pour rien. Qui détermine pour nous les critères de la beauté ? Qui les a codifiés dans mes gènes ? En me disant : « Ça, c’est beau mais tu feras comme si ça ne l’était pas ! » C’est absurde ! Pourquoi faut-il toujours faire semblant du contraire de ce qu’on ressent ? Faire semblant d’être indifférent quand on crève d’amour ? Je n’y arrive pas, c’est au-dessus de mes forces. Tu réjouis mon œil, et embellis mon âme. Je ne peux m’empêcher de te regarder. Tu me fascines. Tu es beau. Tu es trop beau ! Chaque détail de toi me chavire. On dirait que tu as été fait pour ça, pour me séduire. Et je devrais rester insensible ? T’ignorer et faire semblant de rien ? Comment le pourrai-je ? Tu as enflammé mon corps et mon esprit ! Tu as déclenché un tel tumulte dans ma tête que j’en suis obnubilé, incapable de me concentrer sur autre chose. Je vais mal, mais bizarrement, plus je me dis que je n’ai pas le droit de t’aimer, que c’est un amour impossible, et plus je sais que c’est vrai, plus tu deviens désirable ! Pourquoi sommes-nous aussi compliqués ? » 

Tout ceci me fait penser à la chanson de Brel « Les singes » :

« Avant eux (les culs pelés) l'homme était un prince
La femme une princesse, l'amour une province
Mais ils sont arrivés, le prince est un mendiant
La province se meurt, la princesse se vend
Car ils ont inventé l'amour qui est un péché
L'amour qui est une affaire, le marché aux pucelles
Le droit de courte-cuisse et les mères maquerelles
Et c'est depuis lors qu'ils sont civilisés
Les singes, les singes, les singes de mon quartier
Les singes, les singes, les singes de mon quartier ».

Nietzsche devait être très civilisé ! J

 

J’ai, une ou deux fois dans ma vie, caressé cet espoir d’avoir enfin trouvé mon autre moitié d’orange. Illusion déçue à chaque fois, c’est le truc qui n’arrive qu’aux autres. J Et quand bien même la trouverai-je cette autre moitié… Que pourrai-je en faire ? C’est trop tard, laissons-là où elle est. Dans une autre vie peut-être. Car le compliqué n’est pas trop de la trouver, encore faut-il être aussi sa moitié, un taux de probabilité d’une infime décimale. Et tu l’as trouvé ! La chance ! 

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