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J’ai toujours vu mes frères acheter des livres puis les collectionner dans leur bibliothèque. Quand il n’y avait plus de place ils les stockaient soigneusement dans des cartons et j’ai bêtement fait pareil.

Pagnol dans l’avant-propos de ses souvenirs d’enfance disait :

«  Le lecteur – je veux dire le vrai lecteur – est presque toujours un ami. Il est allé choisir le livre, il l’a emporté sous son bras, (ça c’était au siècle dernier, avant Amazon.) il l’a invité chez lui. Il va le lire en silence, installé dans le coin qu’il aime, entouré de son décor familier… »

Est-ce à cela, cher Marcel, qu’on reconnaît « le vrai lecteur » celui qui ne dit pas de mal de ce nous avons écrit ?

Après avoir eu cette complicité avec le livre et l’auteur comment s’en séparer ? Ce serait comme si après avoir élevé nos enfants, après les avoir aimés, nous ayons cette irrésistible envie de les foutre à la porte.

J’ai lu de tout, certains livres que j’ai adorés et relus souvent. D’autres qui m’ont laissé indifférent ou que je n’ai pas pu finir. Mais même ceux-là je les ai gardés.

Les habitudes et les générations changent. Je vois sur le net beaucoup de lecteurs, des sans cœur, qui ne gardent pas et revendent. Ce sont souvent de grands lecteurs : 300 livres à vendre, 500 déjà vendus ! Internet, cet abominable cafteur nous dit tout…

J’ai depuis longtemps adopté Amazon (pour l’achat) mais incapable de revendre, même « Paul et Virginie. »

Je me console en me disant que si j’ai un peu de mal avec ces changements de comportement c’est peut-être que j’ai encore trop de place dans le grenier ou que je ferais probablement un piètre vendeur. Car le seul que je voudrais bien vendre je n’y arrive pas, même lorsque je le brade à moitié prix par rapport à Amazon. Je devrais faire comme certains qui vendent leurs livres à 0,01 euro. Mais je crains que même à ce prix, notre cher Nicolas, m’en réclame encore les 5% de TVA. Finalement je vais continuer d’investir dans les cartons !

J’en  connais une autre qui devrait se recycler dans le même mode de stockage, c’est la charmante vendeuse de la librairie du centre ville. Celle qui, lorsque je lui demandai « une bouteille d’encre noire » pour mon plume me sortit un petit flacon d’encre de chine ! Ah non, ça va, il y en marre des chinois ! Elle dû me prendre pour un indécrottable maniaque car c’était bien de l’encre et elle était noire… Un maniaque doublé d’un casse-pieds car avant de lui avoir demandé ce liquide introuvable, je lui avais, dans un élan de bonté, commandé un livre en me disant qu’il était nul de tout commander sur le net, que je pourrais de temps en temps faire travailler les commerces locaux.

J’avais naïvement commandé mon livre début juillet. Lorsque je revins 15 jours plus tard elle ne l’avait toujours pas, normal : jour férié… 14 juillet… bla, bla, bla… Fin juillet, toujours rien. Mi-août : je tombais mal, il y avait encore un jour férié ! Fin août, non seulement elle ne l’avait pas mais elle était incapable de me donner une date approximative de livraison. J’eus toutefois droit à un magnifique sourire lorsque je lui demandai s’il était possible d’annuler la commande, ce qui fut fait en un temps record. Trop contente qu’elle était de se débarrasser d’un client aussi impatient qu’exigeant.

Je suis revenu chez mon libraire préféré : Amazon, qui ne cesse de m’épater en matière de rapidité. Je crois que bientôt ils me livreront la veille de la commande. Jamais content !

Toute la nuit, il est possible de suivre le parcours de notre livre favori. 17H, départ de Montpellier… Minuit, il remonte la vallée du Rhône… 5H de matin, il transite par la vallée de Chevreuse… Et à 9H moins 45, mon téléphone sonne : c’est mon livreur préféré :

-            Je quitte la nationale, je serai chez-vous dans 2 minutes.

-            Ok, je vous attends devant la boîte aux lettres.

Le seul reproche c’est qu’il est toujours pressé et si vous voulez faire la conversation sur la douceur du temps, le jaunissement des feuilles en automne ou la tonte des pissenlits, il est préférable d’aller voir la gentille vendeuse du centre ville. Avec elle, en attendant la venue de votre hypothétique bouquin, vous aurez le temps de pester contre la neige en décembre ou contre vos allergies en juin… Car à défaut d’être rapide elle a du savoir vivre.

Tout cela me donne envie de lui repasser commande de ce précieux guide :  « Mes vacances en juillet. » Si je m’y prends tout de suite… je l’aurais peut-être pour septembre… 2015 !     

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