Livre - bisVoici le mail que nous avons reçu d’un jeune homme qui venait de lire ce livre : « Si tu avais été… » Il retrace bien toute sa détresse face à l’incompréhension de son entourage.

 

« Angel, il est 6h14, je ne voulais t'envoyer de sms et te réveiller, je viens de finir le livre. Je suis dans tous mes états. Pourquoi ne pas avoir arrêté l'histoire après la naissance du gamin ? 

Je te dis pas comment je suis là. J'ai pleuré en une nuit, l'équivalent de ce que j'ai pleuré en 5 ans. J'en pleure encore. 

Je réfléchis de + en + à faire mon CO à la famille. Mais une fois que tout le monde le sait, il suffit de tomber sur des homophobes pour que ça finisse en drame. Il y a 13 fois + de suicide chez les jeunes homos que chez les hétéros. Le nombre de crimes homophobes ne diminue pas. Cela fait des mois que j'y réfléchi, j'ai peur, et ce livre m'y fait réfléchir encore +. J'en parlerai à mon meilleur ami, il m'a toujours dit que le jour de mon CO il voulait être là pour me soutenir.

Avant que je sache que ce livre existait, je comptais tout dire à la famille à noël. 

Je dois avouer que je suis un peu perdu là.

Je n'en veux nullement ni à toi ni à Alexis, au contraire, cela m'a, disons, ouvert un peu + les yeux, et que même si je sais qu'un jour il va falloir que je le dise, j'ai énormément peur. Peur de la réaction, peur des conséquences, peur de ce qui peut arriver. Le livre reprend à merveille toutes les étapes + ou - difficile du CO je trouve.

Mais bon, ce livre... je n'ai jamais rien ressenti de tel, jamais je ne m'étais mis autant dans la peau du personnage. 

Bon je te laisse, je dois me lever à 9h, j'ai cours ce matin.

Il fallait que je t'écrive maintenant, je ne pouvais attendre.

je t'embrasse bien fort Angel, à bientôt.

 

Guillaume.

 

PS: l'avantage du mail, c'est qu'on ne voit pas que les larmes tombent sur le papier et étalent l'encre.

 

Tout est dit je pense. En tout cas merci de m'avoir fait découvrir cette histoire, elle est magnifique. Même si j'aurai préféré que le livre s'arrête après la naissance du petit, au moins tout le monde est heureux. (Mais au nombre de pages qu'il me restait je me doutais que ça ne finirai pas aussi bien que ça. Comment peut-on s'en prendre à deux personnes dont l'amour est fusionnel comme le leur ? En lisant on se sent dans l'histoire aux côtés des héros. A la fin on a à la fois une peine immense et une rage qui nous envahit. J'avais le projet de m'investir dans la vie associative de défense des droits des gays, ce projet sera concrétisé, j'en fais le serment.)

Mais le monde n'est pas rose tous les jours. Et tous les faits racontés dans cette histoire, ils sont réels, cela existe réellement, il faudrait que beaucoup de personnes ouvrent les yeux sur le monde dans lequel on vit (on = les gays, bi, lesbiennes etc...). Je suis le premier à en souffrir, ma famille étant homophobe, mais j'envisage de + en + de faire mon CO, mais après la lecture du livre, j'ai peur des conséquences.

Il est vrai que dans le passé j'ai déjà tenté de mettre fin à mes jours par 3 fois. Mais la vie m'a rattrapé, alors je me suis dit que j'avais encore des choses à vivre. Un amour comme Bryan et Kévin, j'en rêve tous les jours, avec toutes les épreuves que ça endure, ils restent quand même soudés, même si à une période ils se font souffrir l'un l'autre, ils reconnaissent qu'ils se sont toujours aimés, même dans les pires disputes.

Bref je ne vais pas vous embêter + que ça.

Encore bravo pour ce livre, et merci de me l'avoir fait découvrir.

Bien à vous.

 

Guillaume. » 

 

Réponse :

 

Bonjour Guillaume.  

Première surprise : je ne pensais pas que tu le finirais en une nuit et ensuite que cette lecture déclencherait tant de sentiments négatifs. Je suis resté un peu cloué devant mon ordi en lisant ton mail. Nous aurions peut-être dû écrire une mise en garde, ce n’est qu’une histoire imaginaire, les personnages n’existent pas ou si peu. Tu as raison, l’histoire aurait pu s’arrêter à la naissance du gamin et c’aurait été un beau conte de fée, mais la vie ce n’est pas ça. Le but n’était pas de démoraliser les homos en leurs expliquant qu’ils ne seraient jamais compris car c’est faux. Les mentalités changent mais pas à la vitesse de la lumière. Je sens à quel point la fin t’a secoué, j’y vois pourtant un côté positif : pourrait-elle autant remuer les rares hétéros qui liront ce livre.

Je vais tenter de répondre à tous les points que tu soulèves mais il y en a tant…

Nous le savons tous, même si c’est encore un sujet tabou, qu’il y a beaucoup de suicides chez les jeunes homos et tu n’abordes pas ce sujet par hasard, mais ce n’est en aucun cas la solution tu l’as compris et ce n’est surtout pas le message du livre. La semaine dernière un psy expliquait à la télé que de même qu’il y a les droitiers et les gauchers, il y a les homos et les hétéros. Seulement il ne faut pas oublier que pendant des décennies on a obligé les gauchers à écrire de la main droite. Alors combien en faudra-t-il encore pour admettre cette autre vérité ? Il ne suffit pas de clamer ces choses à la télé, peut-être faudrait-il le faire dans les écoles et de bonne heure.

Tu parles ensuite de ton CO et de le faire en famille à Noël. Je suis complètement inapte à te donner des conseils, Angel sera forcément plus qualifié que moi. Je ne sais qu’une chose pour l’avoir maintes fois lu sur un site canadien www.AlterHéros.com que tu connais peut-être. Tous les jeunes qui disent l’avoir fait à Noël en gardent un mauvais souvenir. Affronter toute la famille un soir où tout le monde a un peu bu, n’est sûrement pas le bon plan. Discute-z-en avec Angel. Je ne te connais pas mais beaucoup de jeunes avouent après avoir fait leur CO en privé à leur mère ou à leur père, qu’ils se sont entendu dire : « On s’en doutait un peu. » Dans l’histoire Bryan s’en fait tout un monde de le dire à sa mère et puis finalement ça ne se passe pas si mal. Je parle comme un livre, c’est le cas de le dire, moi qui suis plutôt du genre à faire profil bas. Je ne peux qu’être admiratif devant Angel qui au contraire marche tête haute, en se disant : je suis comme je suis, point à la ligne. J’ai encore pu le constaté le week-end dernier. Tu dis être déterminé à t'investir dans la vie associative de défense des droits des gays, c’est bien. Moi je crois qu’il faudrait surtout s’investir dans la rééducation des homophobes… mais là c’est un autre programme.

Désolé Guillaume. de t’avoir empêché de dormir cette nuit et de te laisser au matin dans un tel état. Bon courage, j’espère que tout va s’arranger pour toi, il faut parfois laisser faire le temps mais en aucun cas baisser les bras.

Amicalement, Alexis.  

 

« Je viens de terminer, et je suis bouleversé :
Je n'ai pas arrêté de pleurer en lisant ce livre, pratiquement depuis le début. Très émouvant, et plein d'imagination. Histoire riche de rebondissements, même s'ils sont pour une bonne part attendus.
J'ai adoré.

Patrick. »

 

 

« J’ai aimé votre ouvrage, il y a beaucoup de pudeur et d’amour dans cette histoire au point d’en être très ému par moments, j’ai été touché par cette histoire. C’est dommage que vous m’ayez raconté la fin avant d’entamer la lecture car il y aurait eu pour ma part plus de surprise à la fin du roman. J’ai aimé ces envolées lyriques de Bryan dommage qu’il n’y en ait pas plus. C’est très bien ces phrases qui annoncent justement que Bryan parle du passé, cela annonce autre chose.

Thierry. »

 

 

« J'ai dévoré ce livre jusqu'à la dernière ligne, bien qu'il soit épais ! Il raconte 2 ans de la vie d'un ado homo. Il me semble qu’en lisant ce livre, les mamans apprendront à mieux connaître "tous" leurs adolescents avec leurs questionnements, leurs découvertes, leurs dialogues sans fin avec le "copain" ou la "copine". Quant aux ados qui se découvrent homo, leurs peurs sont très bien exprimées. On lit aussi les différentes réactions (que l'on comprend) de deux mamans, les interrogations qu'elles se posent... d'un père..., les difficultés au lycée, etc... Ce n'est pas toujours facile, mais c'est la réalité, d'où l'importance du dialogue pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle. Ce livre est à votre disposition dans notre bibliothèque !

Une maman, Marie-Thé. »  

 

Anonyme a dit…

slt, je viens de terminer le livre, très émouvant. Mais pourquoi cette fin tragique ? Est-ce lié à une expérience passée ?...

Alexis Hayden a dit…

Des séparations nous en connaissons tous, mais non, pas d’expérience aussi tragique. Les idées sont venues d’elles même au hasard de l’écriture. Ensuite, des raisons… nous pouvons toujours en trouver. Bryan ne cesse de dire que dans sa vie ce qu’il prévoit n’arrive jamais :
« C’est toujours au moment où je m’y attends le moins que tout bascule dans l’horreur. Quand je crois au bonheur, le temps et les événements, qui nous ignorent, en décident autrement et rien ne se passe comme prévu. Mais inversement, de sinistres soirées selon mes prévisions, finirent en feux d’artifices. »
On nous reproche souvent de ne pas avoir arrêté l’histoire un chapitre plus tôt. Si nous l’avions fait, c’aurait été un beau conte de fée, mais la vie ce n’est pas ça. Le but n’est pas de démoraliser les jeunes homos en leurs expliquant qu’ils ne seront jamais compris car c’est faux. Les mentalités changent mais pas à la vitesse de la lumière et beaucoup sont encore malmenés en raison de leur orientation sexuelle. Le suicide n’est surtout pas la solution mais il reste pourtant la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 19 ans après les accidents de la route et les ados homosexuels sont 13 fois plus exposés que les autres. Parler de la mort n’est pas une incitation au suicide, c’est tout le contraire.
Merci pour votre commentaire. Alexis.

 

Niarkador   (France) - Voir tous mes commentaires

Ce commentaire fait référence à cette édition : SI TU AVAIS ETE... (Relié)

L'histoire d'un ado qui découvre son homosexualité, naît un amour passionnel qui comme toute passion extrême va brûler les ailes des protagonistes.
L'auteur passe en revue les obstacles qu'ont rencontré de nombreux homos (tous ?), avec la difficulté d'en parler à ses amis, sa famille, l'homophobie des gens, ajoutés aux problèmes d'un jeune vivant avec sa mère célibataire, le père absent...
Pour aimer ce livre il faut aimer le côté romance à la Twilight, les auteurs nous offrent une magnifique histoire d'amour qui se consumera, j'apprécie également la retenue dans les scènes intimes, pas de vulgarité, pas de scène de sexe comme on trouve souvent dans la littérature homosexuelle.
J'ai adoré ce livre, je l'ai dévoré en quelques jours et j'espère que vous ferez de même en partageant votre avis.

 

 

Comme ils sont justement évoqués ces sursauts désespérés pour lutter contre sa nature profonde. C'est vrai, nous en avons passées de ces heures, recroquevillés sur nous à se demander pourquoi nous sentions le désir et l'abandon en dépit de toute "bonne morale", pourquoi nous devions devenir des "ennemis" simplement parce qu'on ne pouvait s'empêcher d'éprouver un sentiment haï. 
Il faut une vraie force de trappeur pour passer à travers tout ça!!!
Belle journée Alexis.

Alex.

 

 

Terrible sentiment que celui-ci… On ne peut pas lutter, on ne peut qu’en souffrir… Seul le temps nous aide ou pas...Ce qui est bizarre, c'est qu’au milieu de tout cela, on arrive à trouver du bonheur et des joies...biz.

Virginie.

  

La morale de tout ça, Alexis : ne pas lutter contre soi-même ! C'est destructeur ! Je sais ce que tu vas rétorquer : facile à dire, pas facile à faire. Je le sais, je me suis retrouvée dans la même situation pour d'autres raisons. Aujourd'hui, je ne veux plus me battre contre moi-même, ni même contre des moulins à vents et je veux être qui je suis. Le regard des autres n'est plus si important. Ton histoire est magnifique, personne ne pourra la détruire, il s'agit de ta vie et quoi de plus important ? On ne peut pas aimer raisonnablement, ou c'est que l'on n'aime pas ! Alors vivent les bêtises qui n'en sont pas ! Ton navire n'est pas si perdu, beau capitaine, regarde au loin cette faible lueur rougeâtre, n'est-ce pas le phare du cap de Bonne Espérance ? Et moi, je veux crier pour vous, dire que vos sensibilités sont les plus exacerbées, vos paroles les plus douces, vos gestes les plus tendres, vos sourires les plus sincères, vos amitiés les plus fidèles. Et moi, je veux vous dire que je vous aime...

Manon.

 

 Je ne sais plus si je te l'ai dit Alexis, mais il m'arrive parfois de ressentir les émotions de certaines personnes à travers des écrits, des photos...Et ce texte me bouleverse car je ressens beaucoup de souffrance.
Comme c'est terrible cette lutte avec soi même et puis penser "ne pas être normal" et cet Amour que tu décris pour lui est si intense que je ne peux rester insensible à ton écrit.
Je ne sais que dire d'ailleurs mais je ressens énormément d'émotions.
Je t'embrasse Alexis et je souhaite de tout cœur que ton livre puisse sortir.
Tu sais, j’y crois et il faut y croire
Pat.

 

 

Comme tout ça est bien dit, tu as raison, quoiqu'on fasse on ne peut pas lutter contre nos sentiments quels qu'ils soient.

Eva.

 

Un livre rare....émotionnellement, 9 juin 2011

Par 

jojo19760503 "jojo19760503" - Voir tous mes commentaires

Ce commentaire fait référence à cette édition : SI TU AVAIS ETE... (Relié)

Je ne me livrerai pas à une critique académique de ce livre, tant sa portée ne peut pas être résumée à quelques idées générales ou à une série d'analyses techniques.

Ce qui marque d'emblée dans l'ensemble de l'œuvre est la "réalité" grammaticale des dialogue entre les 2 protagonistes. Les raisons pour laquelle j'ai adoré ce livre sont multiples :

Pour commencer, l'histoire est intéressante, elle représente selon moi ce que vivent ou on vécu beaucoup d'ados et/ou de jeunes adultes. Du moins en ce qui me concerne ce fut le cas. : L'impossibilité de mettre un nom sur une sensation et sur une tendance. Longtemps j'ai été incapable de dire que j’étais gay, je ne comprenais pas la raison pour laquelle, je trouvais les filles banales... et certains mecs beaux. C'est aussi le cas de Bryan dans le livre.

Je pars du principe qu’il y a des bouquins qu'on lit une fois et que l'on oublie, surement pour cause de vacuité confondante, mais il y a des livres que l'on dévore et qui touchent l'âme.
Je me suis souvent posé la question afin de savoir pourquoi. Sans doute par leurs capacités à retrouver des sensations éprouvées à un moment, ou un autre, de notre vie. De fait, cela devient, une œuvre dans laquelle on s'identifie totalement.

De part sa structure, " Si tu avais été" est proche de la tragédie classique dans sa forme la plus courante, c'est à dire en 3 actes. Les 3 parties du livre sont de longueurs similaires et permettent de développer aussi bien l'histoire que la psychologie des 2 héros.

Dans la première partie, j'ai cru que Kevin et/ou Bryan (les 2 sont des copies conformes sentimentalement parlant) était un petit peu moi. Enfin, moi... il y a plusieurs années... j'ai plus ou moins vécu la même relation sans pouvoir la concrétisé. C'est peut être cela qui m'a touché dans le livre. La deuxième montre à quel point l'amour entre 2 êtres peut engendrer, des réactions stupides au point de se mutiler l'âme des protagonistes, et ce, sans raison.

Certes, le livre est une fiction mais il aborde à mon sens des thèmes essentiels. LA difficulté d'assumer sont homosexualité même en 2010, le coming-out auprès des amis et a fortiori de la famille, l'amour entre deux personnes, bien entendu. Mais aussi des thèmes sous-jacents comme le suicide chez les ados gay, le ressenti des ados sur la séparation de leurs parents, quand cela arrive. La perte d'un être cher et le mal être par rapport a des situations qu'on ne maitrise pas. Pour finir, l'homophobie qui existe toujours. Ce que je qualifie, a titre personnel, comme le dis d'ailleurs Bryan dans le livre: "la connerie humaine".

Je ne tiens pas dans mon commentaire à raconter d'histoire complète et dévoiler la fin, mais ce livre m'a a plusieurs reprise fait verser des larmes. Selon moi un livre qui arrive à toucher le lecteur est un bon livre... et ils sont rares en ce moment.

Un seul reproche à faire à " si tu avais été" : Si les 8 dernières pages n'avaient pas été écrites il aurait été parfait. Mais si les dites pages n'avaient pas été écrites... toute la structure et le temps du livre serait différent.

En conclusion : Lisez-le !

 

 

 

 

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