Cet autre qui grandissait en moi - 1 

Il est deux heures du matin et je viens de me réveiller en sursaut en repensant à la question d’un lecteur : « Que vouliez-vous dire ? ».

Ben… rien ! 465 + 223 = 688 pages + environ 400 à venir avec le tome3 pour ne rien dire ! Depuis quand faudrait-il se taire quand on n’a rien à dire ! J Votre question me démoralise légèrement car je pensais que nous y avions déjà répondu, mais bon… on peut remettre ça, en variant un peu.

 

Ce qui m’épate dans la diversité humaine c’est le paradoxe. Nous nous ressemblons, les points communs ne manquent pas, tout en étant des pièces uniques, de fabuleuses individualités avec des particularités communes !... N’en déplaisent aux extrémistes de tous poils, qui aiment nous classer et nous étiqueter, chaque humain est exceptionnellement unique. Sauf pour les lecteurs, que je classerais en deux grands groupes… J Ben quoi ?

Le côté rassurant, c’est qu’en fonction du temps, de l’humeur ou de je ne sais quoi d’autre, je ne me fais pas d’illusion quant à mon appartenance à l’un comme à l’autre de ces deux genres.

Explication, puisque vous voulez tout savoir. Ecrire un roman c’est avant tout conter une histoire. Qu’elle soit autobiographique ou non, on s’en tape un peu. Mais quand même… on aime bien savoir…

Premier cas de figure : je déteste les auteurs, qui, me donnant trop de détails ou d’explications nuisent à mon imaginaire, m’interdisant de modeler à ma façon les personnages ou leurs motivations. Mais paradoxalement, je déteste autant l’auteur qui ne me dit pas tout, et me laisse parfois à la dernière page de son roman avec deux fins alternatives possibles ! Il faudrait se mettre d’accord : qui raconte l’histoire ?

Vous qui lisez ces quelques lignes, si vous pensez être de la première catégorie, ne lisez surtout pas la suite ! Pour ma part, ce simple avertissement ne suffirait pas pour stopper ma lecture, je crois même que ça me ferait l’effet contraire. Car à vrai dire je me fous des explications de l’auteur. Si j’ai envie d’interpréter son histoire autrement, qui peut m’en empêcher ? Avant d’aller plus loin, prenons un exemple. Que pensez-vous de l’une des plus belles chansons d’Amour de Jacques Brel : « Ne me quitte pas. » ? Connaissez-vous l’avis de Brel sur le sujet ? « C’est une chanson anti-amour, disait-il, pour rien au monde je n’aimerais dire à une femme ce que j’ai écrit ! »    

Mon cher Jacques, avec tout le respect que je te dois, je me fous de savoir ce que tu penses de ta chanson, pour moi c’est et ça restera le plus beau cri d’amour que l’on a envie de pousser quand l’autre nous quitte.

 

Pour revenir à nos moutons, que signifie ce titre : « Cet autre qui grandissait en moi » ? J’ai le souvenir d’homos, assumant parfaitement leur particularité, disant : « S’il on invente un jour un vaccin pour devenir hétéro, nous courrons nous faire vacciner » ! Avoir cette sensation qu’un autre grandit en soi, c’est avouer son désaccord, ne plus se reconnaître, être en conflit permanent. Nous pensions avoir été clairs sur la personnalité de Jérémy.

 

La première idée de ce roman est venu de Paul, qui déteste que je le cite, mais bon… une fois n’est pas coutume. Il me dit : « On lit souvent l’histoire d’homme ou de femme amoureux d’une personne du même sexe. Pour changer, j’aimerais connaître les réactions d’un hétéro face à la déclaration d’un copain. »

Il ne me disait pas cela par hasard. J’ai immédiatement trouvé l’idée excellente. Mais qu’aurais-je pu écrire sur ce thème ? Au risque de vous décevoir, un an plus tard je décidai que ce n’est pas parce qu’on a rien à dire, qu’il ne faut pas l’écrire !

A la fin de ce roman, vous vous posez des questions ! C’est génial. Je déteste les romans qui laissent indifférent.

Si vous aimez les questions, je vais vous en poser d’autres auxquelles nous n’avons pas franchement répondu.

      Dans « Si tu avais été… » pensez-vous que la mère de Bryan se doute de l’homosexualité de son fils ?

      Laurent est-il réellement homophobe ? Si oui, pourquoi l’est-il devenu ?

      Julien s’est-il vraiment suicidé et pourquoi ?

      Quelle est la réelle personnalité de Laëtitia ?

      Stéphanie a-t-elle été manipulée par Bryan, ou est-ce le contraire ?

      Jérémy est-il homo ? Si être homo, c’est avoir des relations sexuelles avec quelqu’un du même sexe, non, il ne l’est pas. Si c’est être passionnément amoureux d’un copain… je vous laisse le soin de répondre.

      Ces romans sont-ils autobiographiques ? Ils ne sont pas classés dans la rubrique « témoignages » mais dans « Roman sentimental ». Ils contiennent beaucoup de faits vécus, adaptés pour les besoins de l’histoire. Je ne sais pas si vous vous y retrouverez, nous nous y retrouvons énormément. Pour la dédicace, je laisserai à José le soin de répondre. 

      Pourquoi Jonathan est-il homophobe ? Pourquoi déteste-t-il Kévin ?

      Virginie est-elle vraiment stupide et inhumaine ?

      Les parents de Jérémy se doutaient-ils de l’homosexualité de leur fils ?

      Peut-on être amoureux à en crever et le nier ?

      Pourquoi est-il de bon ton en toutes circonstances de cacher ses émotions et ses sentiments ? D’où tenons-nous cette culture d’introvertis ?

      Suffit-il de s’aimer pour vivre une grande histoire d’amour ?

      Peut-on parler de tout ?

 

La plupart des réponses à ces questions sont dans les 2 premiers tomes, à vous de trouver celles qui vous conviennent. Pour les autres, il faudra attendre le tome 3, avec de grandes surprises… L’un des grands thèmes de ces trois romans est qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Ce qui fait toute la complexité de la vie mais son charme aussi. Quel intérêt y aurait-il si tous les homos étaient bleus, les hétéros verts, les homophobes oranges avec quelques rayures bleues J, les hypocrites blancs et les cons rouges ?

Mais non, Olivier, je ne disais pas ça pour toi. Quoi que… à la fin des repas, tu as souvent les joues rouges, des cernes bleus sous les yeux et le front tout blanc !... J   

 

En résumé, que voulions nous dire ? Peu de chose, si ce n’est, qu’à part quelques quartiers de la capitale dans lesquels, à force de se regarder le nombril, certains s’imaginent que l’homosexualité n’est plus un problème et très bien acceptée dans notre société, je doute que certaines associations comme « Le refuge » ou « Sos homophobie » soient d’accord avec eux. Des femmes et des enfants sont toujours maltraitées, certains y perdent la vie, d’autres restent handicapés. Des jeunes et des moins jeunes souffrent d’une maladie honteuse : la maladie d’amour ! Ils ont honte d’aimer ! Honte de l’avouer à qui que ce soit, surtout à leurs parents. Les quelques tentatives pour rappeler que ce n’est plus une maladie mentale et aider à l’acceptation, sont considérées comme du prosélytisme ! Pensez-vous qu’expliquer aux jeunes hétéros que l’homosexualité est une réalité, puisse les faire changer d’orientation ? Par contre, leur apprendre que certains homos de leurs amis n’ont pas choisi, ne peut que favoriser l’acceptation de ceux qui suivent une autre route qu’eux.

 

Je vais arrêter là, je crois que José aura bien d’autres choses à vous dire, bien qu’il l’ait déjà fait dans l’avant-propos. Mais peut-être ne l’avez-vous pas lu. Dans ce cas, bienvenue au club : je lis rarement les avant-propos ! J 

Alexis.

 

           

Alors voyons voir. Effectivement, si je compte bien, nous serrons à 1100 pages à la louche (comme disent les cuisiniers) pour ne rien dire dans ces 3 livres. Au célèbre jeu du « Mais qu’ont-ils bien voulu ne pas dire ? ». Je vous propose une liste non exhaustive des thèmes majeurs que  nous abordons dans les 3 romans.

 

    L’acceptation de soi

    Le rejet de l’autre

    L’homophobie

    La violence faites aux femmes

    La violence faites aux enfants

    Les relations parents/enfants

    L’homosexualité

    Le regard des autres

    Le suicide chez les jeunes gays

    La perte d’un être cher et le deuil

    L’hypocrisie humaine

    Le rapport de la religion à l’homosexualité

    La complexité des rapports humains

    Les amours impossibles

    L’amour fusionnel

    Le coming-out

    La difficulté de se remettre d’une déception amoureuse

 

Et comme le dis Alexis, l’avant propos, qu’il convient de lire, résume l’esprit des 3 tomes… Mais évidement, si vous ne l’avez pas lu... Cher lecteur, je vous invite donc, soit à reprendre des cours de lecture, soit à vous rapprocher d’une chaine (non moins célèbre) d’opticien qui pratique des remises en fonction de l’âge…

José.

   

 

Ok José, je fonce chez l’opticien… Mais j’aurai toujours autant de mal avec les avant-propos. J

Alexis.

 

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