Vous êtes en infraction jeune homme! - "Si tu avais été..."
Livre - bisLe jeudi suivant, c’était lui qui finissait plus tard. Il me demanda s’il pouvait me rejoindre à la maison. Alors nous décidâmes de faire ainsi chaque semaine. Je demandai même à ma mère si je pouvais lui donner une clé de la maison pour lui éviter d’attendre dans le jardin. Elle s’entendait très bien avec Martine et, n’ayant aucune raison de se méfier de son fils, elle accepta. Elle était ravie de cette soudaine amitié qui semblait nous unir. Pourtant, elle commençait à me regarder bizarrement. À son regard, je compris que je n’étais pas assez méfiant… surtout ne pas se dévoiler !

Je n’oublierai jamais la mine réjouie de Kévin lorsque je lui remis cette clé, la clé de chez moi, tout un symbole.

La première semaine, tout se passa bien. Le lundi, je retrouvais Kévin à la maison, installé sur le canapé, en plein travail. La semaine suivante lorsque j’arrivais, un camion de gendarmerie était stationné devant la maison. La porte d’entrée était grande ouverte. J’entrai le cœur battant. Kévin, menottes aux poignets, était entouré de quatre gendarmes. Il avait l’air inquiet et paniqué. Il y avait aussi le voisin d’en face. Lorsqu’il me vit :

-          Ah, vous voilà ! J’ai appelé la police. J’ai surpris un cambrioleur !

Je ne comprenais rien.

-          Un cambrioleur ! Mais quel cambrioleur ?

L’un des gendarmes me salua :

-          Bonjour Monsieur, qui êtes-vous ?

-          Comment ça qui je suis ! J’habite ici, qu’est-ce que vous faites chez moi ?

Le gendarme continua :

-          Comment vous appelez-vous ?

-          Bryan Darnau.

-          Vous avez une pièce d’identité ?

Aussi absurde que cela puisse paraître, je m’exécutai. Je sortis mon portefeuille et lui tendis ma carte d’identité.

-          Vous n’habitez pas ici. Votre adresse est à Paris.

-          J’habitais à Paris, je n’ai pas fait le changement d’adresse.

-          Vous êtes en infraction jeune homme !

-          Vous entrez chez moi et vous menottez mon copain. Tout ça pour me dire que je ne suis pas en règle ?

-          Ne le prenez pas sur ce ton, nous n’y sommes pour rien. Vous connaissez cette personne ?

-          Je viens de vous le dire, c’est un copain. On se retrouve ici tous les soirs pour travailler. Enlevez-lui ces menottes, il n’est pas entré par effraction. C’est moi qui lui ai donné la clé !

-          Calmez-vous, nous ne pouvions pas savoir. Comme votre voisin nous a appelés, nous sommes venus.

Furieux, je me tournai vers le voisin qui n’osait plus rien dire.

-          De quoi vous mêlez-vous ? En quoi ce qu’il se passe chez moi vous concerne ? Vous passez votre temps à nous surveiller derrière vos volets à moitié fermés alors ne me dites pas que vous ne l’avez pas reconnu ! C’était juste pour foutre le bordel ?

-          Ça m’apprendra à vouloir rendre service !

Le voisin allait sortir lorsque le gendarme l’interpella.

-          Ne vous sauvez pas monsieur. J’ai deux mots à vous dire. Attendez-moi dehors.

 

 

Livre - bis 

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